L’OCDE critique la parcimonie allemande en matière d’investissement

Olaf Scholz (SPD), ministre allemand des Finances. EPA-EFE/HAYOUNG JEON

L’Allemagne doit dégager plus de fonds : telle est la recommandation principale d’une étude menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces dernières années, le pays s’est montré quelque peu avare dans plusieurs domaines, notamment l’infrastructure, le numérique et la protection de l’environnement. Un article d’Euractiv Allemagne.

« Ces vingt dernières années sont marquées par des résultats médiocres en matière d’investissement », peut-on lire dans le rapport de l’OCDE.

Jusqu’à présent, le pays s’en sort relativement bien, compte tenu de la crise sanitaire qui traverse le monde entier, et ce notamment grâce à de généreuses mesures de relance économique. Un point dont est d’ailleurs fier le ministre fédéral des Finances, Olaf Scholz (SPD). Mardi (8 décembre), ce dernier a déclaré au Bundestag allemand que les aides allemandes « constituaient un modèle de référence. Voici comment il faut réagir pour contrer des crises d’ampleur internationale ».

Toutefois, les libéraux du FDP ne sont pas du même avis, critiquant M. Schloz de « roi de la dette ». Le nouvel endettement enregistré entre 2020 et 2021 n’a jamais été si haut que sous son égide ; il s’élève à 400 milliards d’euros.

Toutefois, le gouvernement ne doit pas non plus actionner le frein aux dépenses trop rapidement, avertit l’OCDE, « car un retrait trop rapide des aides pourrait compromettre la reprise, surtout en cas de faible dynamique de croissance ».

Les fonds octroyés à l’infrastructure ces dernières années étaient particulièrement « insuffisants », bien qu’ils soient pourtant décisifs pour « la transformation numérique et la réduction d’émissions de CO2 ». Les actions lancées par les politiques dans ces domaines doivent donc être plus concrètes à tous les niveaux : fédéral, étatique, municipal. En effet, les dépenses dans ces secteurs jusqu’à présent délaissés pourraient donner un « élan significatif à la relance ».

"Nous vivons un moment franco-allemand", selon l'ambassadeur d'Allemagne à Paris

Dans un entretien exclusif avec Euractiv Allemagne, le nouvel ambassadeur d’Allemagne en France, Hans-Dieter Lucas, met en exergue le caractère particulièrement dynamique des relations franco-allemandes et la nécessité d’établir une nouvelle culture stratégique européenne dans le domaine de la défense.

Savoir-faire sans internet

L’OCDE voit également dans la numérisation un potentiel énorme. Elle résume la situation paradoxale actuelle de la sorte : « L’Allemagne compte parmi les leaders mondiaux en matière de technologie et de génie civil. Néanmoins, elle accuse un certain retard sur le plan de la numérisation ».

Elle conseille donc à Berlin de passer à l’action, en faisant de ses promesses « d’internet plus rapide pour tous » une réalité. Pour rappel : l’accord de coalition rédigé par les partis en 2018 entend fournir une connexion internet à 1000 Mbit/s à l’ensemble de la population d’ici à 2025. Cet « objectif ambitieux » est à saluer, souligne l’OCDE. Cependant, des lacunes subsistent à ce propos dans les régions rurales.

De plus, les sociétés allemandes n’utilisent pas assez de technologies modernes. Un phénomène qui s’explique par le fait que plusieurs obstacles liés aux crédits bancaires barrent la route aux petites et moyennes entreprises (PME) et que l’offre de capitaux à risque est insuffisante pour le développement de startups. De ce fait, des instruments adéquats de financement devraient être mis sur pied pour débloquer la situation, avance le document.

La numérisation de l'agriculture, une mission impossible ?

Ce mercredi (2 décembre), le ministère allemand de l’Agriculture s’est entretenu avec l’Euragri dans le cadre d’une visioconférence intitulée « la transformation numérique de la chaîne de valeur agricole ». Comment numériser l’agriculture ? Un article d’Euractiv Allemagne.

Les objectifs climatiques dans le secteur des transports seront-ils atteints ?

Dans le domaine de la politique climatique, l’Allemagne fait fausse route, d’après l’Organisation. Afin d’atteindre l’objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, il est nécessaire de prendre davantage de mesures.

Dans ce contexte, le rapport conseille d’enclencher la réduction de la production électrique à partir du charbon plus tôt que prévu, grâce à des signaux au niveau des prix. La sortie allemande du charbon aura lieu pour 2038 au plus tard, conformément à l’engagement fixé légalement par le gouvernement en juillet 2020.

Berlin doit également élargir ses ambitions climatiques dans le domaine de la rénovation des bâtiments, afin de porter la baisse des émissions de CO2 à 50 %. Toutefois, aux yeux de l’OCDE, il est peu probable que le pays remplisse ses promesses à l’horizon 2030 dans le secteur des transports. Des signaux en matière de tarification sont aussi nécessaires à cet égard, comme l’augmentation des prix des véhicules conjuguée au développement vert des transports en commun.

Transition énergétique : l’Allemagne a-t-elle le pied marin ?

La Commission européenne présentera sa stratégie sur l’éolien marin aujourd’hui (18 novembre). Une nouvelle loi allemande à ce sujet en applique déjà certains points clés. Est-ce toutefois suffisant pour amorcer la transition énergétique ? Un article d’Euractiv Allemagne.

Marché de l’emploi, les inégalités en hausse

Dans le monde de travail, l’OCDE perçoit également des risques accrus d’inégalités. Les fermetures des écoles menacent surtout les possibilités de formation et les étudiants issus de milieux défavorisés, tandis que la perte de l’emploi soulève des inquiétudes auprès des jeunes travailleurs, des femmes et des travailleurs à faibles revenus.

Une solution ? La restructuration de la charge fiscale : la taxe sur les ventes/achats pourrait être revue à la baisse, tandis que les impôts sur la propriété, l’environnement et les revenus du capital pourraient être augmentées.

Un autre changement dans le monde du travail induit par la pandémie du nouveau coronavirus a été mis en exergue par l’indice de « bon travail » de la Fédération des syndicats allemands : l’augmentation considérable du travail mobile. Désormais presque 40 % des personnes en télétravail doivent être joignables en dehors des heures de bureau. De plus, 20 % d’entre elles travaillent plus de 48 heures par semaine. Auprès des travailleurs « sur place », ce taux ne s’élève qu’à 6 %.

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