Olaf Scholz qualifié de « ministre des Scandales financiers » par les parlementaires à l’approche des élections allemandes

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, lors d’une session au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, à Berlin, en Allemagne, le 25 mars 2020. EPA-EFE/OMER MESSINGER

Lundi 20 septembre, le ministre des Finances et candidat à la chancellerie Olaf Scholz a été interrogé par les députés allemands à propos des enquêtes menées contre l’unité anti-blanchiment de son ministère. Son parti, le SPD (sociaux-démocrates), a estimé que cette audition était une pure tactique politicienne.

« Apparemment, il y a un vide juridique partiel en Allemagne sur la question du crime organisé, entre autres, en raison du manque de personnel, mais aussi en raison d’un manque d’orientation », a déclaré Florian Toncar, le porte-parole pour les politiques financières du parti libéral (FDP), en marge de la réunion extraordinaire de la Commission des finances.

Environ deux semaines plus tôt, des procureurs avaient effectué des perquisitions dans les ministères fédéraux des Finances et de la Justice. Les procureurs accusent la cellule de renseignement fiscal (CRF) du ministère des Finances de ne pas avoir transmis les soupçons de blanchiment d’argent signalés par les banques à la police et aux autorités judiciaires compétentes.

Le FDP, les Verts et le Parti de gauche avaient demandé la réunion extraordinaire de la Commission des finances du Parlement afin d’interroger M. Scholz sur cette question.

S’exprimant publiquement après l’audition, M. Scholz a souligné que des progrès avaient été réalisés depuis son arrivée au ministère des Finances. « J’ai profité de cette occasion pour expliquer une fois de plus que les trois dernières années ont été les meilleures concernant la capacité de nos autorités à lutter contre le blanchiment d’argent », a-t-il déclaré. « Nous avons accompli davantage au cours des trois dernières années qu’au cours des 30 dernières années », a-t-il ajouté.

Sous ses auspices, les effectifs de la CRF auraient été considérablement renforcés et l’infrastructure informatique améliorée, a poursuivi M. Scholz.

Manque de contrôle sur les autorités financières

Les partis d’opposition ainsi que les membres du parti conservateur (CDU/CSU), principal partenaire du SPD au gouvernement, ont accusé M. Scholz de ne pas savoir contrôler son ministère et les autorités qui lui sont subordonnées.

« Ce n’est que lors de la réunion d’aujourd’hui qu’Olaf Scholz a rencontré le directeur de la CRF pour la première fois », a déclaré Sepp Müller, membre de la CSU chargé des finances. Au cours de l’audition, Scholz avait admis devant les députés qu’il n’avait jamais parlé personnellement au directeur de la CRF auparavant.

Du point de vue des sociaux-démocrates (SPD) de Scholz, ce n’est pas une coïncidence si les partis d’opposition ont programmé une audition six jours avant les élections fédérales, qui ont lieu dimanche (26 septembre).

« Il s’agit en effet d’une question où l’on peut se demander s’il est encore approprié et juste, en fin de compte, d’empêcher le principal candidat d’un parti de participer à des événements de campagne », a déclaré Jens Zimmermann, législateur du SPD et membre de la Commission des finances.

Comme la réunion de la commission coïncidait avec plusieurs événements de campagne auxquels Scholz devait participer dans le sud de l’Allemagne, il avait initialement annoncé qu’il ne joindrait les députés qu’à distance, par téléphone.

Après que l’annonce ait été confrontée à de fortes réactions de la part des autres partis, Scholz semble avoir changé ses plans et a fait une apparition surprise en personne au Bundestag.

Les campagnes des autres partis ont eu en commun de tenter d’épingler M. Scholz, dont le parti est en tête des sondages depuis plusieurs semaines, sur les scandales financiers liés à son nom.

Un passé tumultueux

« Dans l’ensemble, on a l’impression qu’Olaf Scholz est le ministre des Scandales financiers : Wirecard, Warburg, et maintenant les problèmes structurels dans la lutte contre le blanchiment d’argent », a déclaré lundi le député Florian Toncar (FDP).

Dans ce qui est connu comme l’affaire Wirecard, la surveillance des marchés financiers allemands n’avait pas réussi à détecter une fraude comptable présumée à grande échelle de la société allemande Wirecard AG. Le processeur de paiement et fournisseur de services financiers a été mis en faillite en juin 2020, après que 1,9 milliard d’euros provenant des états financiers de la société aient disparu.

Si le ministère des Finances de M. Scholz est légalement responsable des autorités de surveillance financière, la question de savoir si M. Scholz est également politiquement responsable des lacunes de ces autorités fait débat. Les conclusions présentées en juin par une commission d’enquête parlementaire composée de membres de toutes les factions, y compris le SPD de M. Scholz, n’ont pas permis de trancher la question.

La référence à l’affaire « Warburg » de M. Toncar, en revanche, faisait allusion à l’affaire dite CumEx, qui remonte à l’époque où M. Scholz était maire de Hambourg.

En 2016, le bureau des impôts de Hambourg s’était abstenu de percevoir 47 millions d’euros de dégrèvements fiscaux auprès de la Warburg Bank, après que celle-ci aurait été impliquée dans des activités financières illégales. Si ses détracteurs l’accusent d’être intervenu dans l’intérêt de la banque, il n’est pas prouvé qu’en tant que maire, Olaf Scholz ait été impliqué dans la décision du bureau.

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