Un travailleur européen sur dix est menacé de pauvreté, d’après une étude de l’ETUI/CES

La pauvreté au travail a augmenté ces dix dernières années dans la plupart des pays européens, 12 % des travailleurs risquant d’être touchés par la pauvreté, d’après le dernier rapport de la Confédération européenne des syndicats (CES). EPA-EFE/HAYOUNG JEON

La pauvreté au travail a augmenté ces dix dernières années dans la plupart des pays européens, 12 % des travailleurs risquant d’être touchés par la pauvreté, d’après le dernier rapport de la Confédération européenne des syndicats (CES).

La crise financière a meurtri l’ensemble de l’Union européenne. Le rapport publié jeudi (10 décembre) par l’Institut syndical européen (ETUI) et la Confédération européenne des syndicats (CES), intitulé « Benchmarking Working Europe 2020 » (Étude comparative de la situation des travailleurs en Europe en 2020), indique que la pauvreté au travail a augmenté dans 16 États membres du bloc entre 2010 et 2019.

« Cela a contribué à l’augmentation de 12% des travailleurs pauvres dans l’ensemble de l’UE, ce qui veut dire qu’un travailleur européen sur dix se trouve maintenant sous le seuil de risque de pauvreté défini par Eurostat, soit 60% du revenu médian national », d’après le document consulté par Euractiv.

« Il est scandaleux que, malgré la croissance économique, le nombre de travailleurs vivant dans la pauvreté est plus élevé aujourd’hui que lors du pic de la crise financière. Il est clair que l’UE doit agir », a déclaré la Secrétaire générale adjointe de la CES, Esther Lynch.

La Hongrie, le Royaume-Uni, l’Estonie, l’Italie et le Luxembourg ont été les plus touchés, le nombre de leurs travailleurs menacés de pauvreté ayant augmenté entre 58% et 27%.

« Jeunes, travailleurs migrants et celles et ceux sous contrat temporaire sont les plus affectés quoiqu’il y ait eu des augmentations dans toutes les catégories de travailleurs y compris chez les travailleurs à temps plein et sous contrat à durée indéterminée », peut-on lire dans le rapport.

La situation devrait s’aggraver à la suite de la pandémie de Covid-19, tandis que la récession économique entrainée par le virus touchera ces groupes vulnérables de plein fouet, a averti le commissaire à l’emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit.

Covid-19 : l’UE doit mettre un terme à la hausse des emplois peu qualifiants

Si le SARS-CoV-2 fait trembler tous les secteurs économiques, il touche surtout les jeunes débarquant sur le marché de l’emploi. Selon Nicolas Schmit, l’UE doit redoubler d’efforts pour surmonter ces défis et éviter l’apparition d’une nouvelle « génération perdue ».

En octobre, ce dernier a présenté une proposition visant à garantir aux pays ayant mis en place un salaire minimum légal que leurs travailleurs puissent vivre de manière décente.

La directive appelle les nations à utiliser des indicateurs pour mesurer la pertinence des salaires minimums. La Commission note par ailleurs que 60 % du salaire médian brut et 50 % du salaire moyen brut peuvent contribuer à la réalisation de l’évaluation de l’adéquation du salaire minimum par rapport au niveau brut des salaires. Mais aucun de ces indicateurs n’a été imposé comme objectif à atteindre.

L’ETUI propose d’inclure une clause au sein de la directive qui empêcherait que les salaires minimums soient fixés sous le seuil de risque de pauvreté

« La Commission européenne a reconnu que l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres a un impact négatif sur la société et sur l’économie mais les mesures qu’elle a proposées jusqu’à présent ne feront pas grand-chose pour inverser cette tendance », a fait savoir Mme Lynch.

Par ailleurs, pour la CES, « la négociation collective est le meilleur moyen de faire en sorte que les travailleurs reçoivent leur juste part de la richesse créée « La négociation collective est le meilleur moyen de faire en sorte que les travailleurs reçoivent leur juste part de la richesse créée mais cette directive doit être amendée si on veut qu’elle garantisse que les États membres soutiennent les syndicats pour qu’un plus grand nombre d’employeurs acceptent les conventions collectives ».

Selon l'exécutif européen, un salaire minimum identique dans tout le bloc est impossible

Mercredi (28 octobre) le commissaire européen à l’emploi Nicolas Schmit a déclaré que « si la Bulgarie devait adopter les salaires du Luxembourg, son économie cesserait d’exister du jour au lendemain ». 

Cet article est issu du rapport de l’ETUI/CES intitulé « Benchmarking Working Europe 2020 ».

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