La Commission veut plus de transparence pour les moteurs de recherche

L’UE veut contraindre Amazon, Google et alii  de révéler les critères qu’ils utilisent pour les résultats des recherches.

La Commission prend pour cible les grandes plateformes qui « utilisent souvent leur pouvoir de marché au détriment d’autres entreprises », a attaqué bille en tête Mariya Gabriel, commissaire au numérique, le 26 avril.

C’est la première fois que l’exécutif européen propose un règlement qui vise les grandes plateformes en ligne. La nouvelle loi reflète l’approche plus sévère adoptée par la Commission à l’égard des géants de la tech ces derniers temps. En 2017, Bruxelles a imposé 2,4 milliards d’euros d’amende à Google pour avoir enfreint les règles de concurrence en mettant en avant son propre service d’achat avant celui de ses concurrents.

Le projet de loi oblige les détaillants du e-commerce et les moteurs de recherche à faire preuve de plus de transparence sur la manière dont les résultats de recherche sont classés, en publiant leurs critères sur leur site Internet.

Google a déjà publié une explication détaillée de sa méthode de classement des résultats, mais selon des sources européennes proches du dossier, le règlement cible d’abord les plateformes qui ne le font pas, comme le comparateur d’hôtels, Booking.com.

La Commission espère qu’en forçant ces plateformes à être plus transparentes, elle aidera les entreprises plus petites. Dans une enquête européenne réalisée en 2016, 66 % des PME affirmaient que la position de leur service dans les résultats de recherche influence grandement les ventes.

La loi ne va pas jusqu’à forcer les plateformes à divulguer les algorithmes sur lesquels s’appuient les fonctions de recherche. « La transparence algorithmique ne signifie pas qu’elles doivent rendre leurs algorithmes publics, mais nous aimerions qu’elles expliquent [leurs méthodes] », a déclaré le vice-président de la Commission, Andrus Ansip.

Le projet de loi imposera aux plateformes de mettre à jour régulièrement leurs explications sur les critères de recherche et de s’assurer que l’information donnée est correcte et publique.

Google contraint d'ouvrir son comparateur d'achat en ligne à la concurrence

Google doit ouvrir le 28 septembre sa plate-forme d’achat en ligne à la concurrence. La Commission surveille activement le sujet.

La DG concurrence de la Commission européenne surveille de près les changements opérés par Google pour que son service d’achat en ligne respecte les règles de concurrence. En début d’année, plusieurs entreprises concurrentes se sont plaintes dans une lettre à la Commission que Google continuait de donner l’avantage à son service d’achat en ligne.

Le projet de loi a fait l’objet de critiques cet hiver après la divulgation des négociations internes entre les différents directorats de la Commission. Les responsables de la DG Connect ont modifié une première version qui se concentrait sur les plateformes de e-commerce pour soumettre aussi les moteurs de recherche comme Google aux règles de transparence.

La Commission était censée annoncer un projet de loi plus modeste à la fin de l’année dernière, mais la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager a demandé à Andrus Ansip d’élargir la portée du texte.

CCIA, un groupe de lobbying qui représente Google et d’autres entreprises tech comme Amazon, a critiqué cette mesure. « Difficile de croire qu’un tel changement de dernière minute n’est pas politique », regrette son vice-président, Jakob Kucharczyk.

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Exclusif. Les services numériques qui collectent les données utilisateurs, comme Facebook ou Gmail, seront bientôt soumis aux règles de protection des consommateurs et les infractions soumises à des sanctions.

Au début du mois, la Commission a proposé une autre loi qui obligera les plateformes en ligne à être plus transparentes avec les consommateurs sur la position des résultats de recherche. Dans le cadre de cette loi sur la protection des consommateurs, les plateformes devront donc dire si elles gèrent l’affichage des résultats elles-mêmes ou si ce service est géré par d’autres entreprises.

L’exécutif européen affirme que la loi du 26 avril va encore plus loin, car elle se penche sur la manière dont les entreprises apparaissent dans les résultats de recherche et leur donne des garanties légales pour obtenir réparation.

Le projet de loi oblige aussi les plateformes à expliquer pourquoi elles décident de déclasser ou de supprimer des entreprises des résultats de recherche, et à mettre en place un système pour gérer les plaintes des clients commerciaux.

Certains détaillants en ligne trouvent que la proposition de loi est trop faible, car elle ne force pas les plateformes à exposer leurs algorithmes.

Marlene ten Ham, secrétaire générale de l’association Ecommerce Europe, estime que le règlement « a le potentiel de clarifier les relations entre les commerçants en ligne et les plateformes sur lesquelles ils vendent ». Le groupe de lobbying représente autant des petites plateformes de e-commerce qu’Amazon.

Les associations d’entreprises pourront poursuivre les plateformes en justice si elles enfreignent ces nouvelles règles sur la transparence et ne mettent pas en place un système de résolution des différends.

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