La rentabilité des banques européennes atteint un creux record

La Banque centrale européenne reconnaît un effet négatif sur les ménages épargnants qui ont vu le rendement de leurs bas de laine s'effiler. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Les banques européennes risquent des pertes considérables en raison de prêts non performants et d’autres coûts engendrés par la pandémie de Covid-19. Leur rentabilité a atteint un creux record, d’après un rapport publié le 11 décembre par l’Autorité bancaire européenne.

Dans son évaluation annuelle des risques du système bancaire européen, l’Autorité bancaire européenne (ABE) a déclaré que les coûts engendrés par la pandémie et l’incertitude économique générale pesaient sur la rentabilité des banques européennes, déjà touchées par des taux d’intérêt bas et la concurrence des sociétés de technologies financières.

En juin 2020, le taux de rendement des capitaux propres (RCP), qui permet de mesurer la rentabilité, s’élevait à 0,5 % par rapport à 6,7 % un an auparavant : une réduction historique.

Certaines dépenses disparaîtront une fois la pandémie terminée. De plus, l’ABE a noté que la pandémie pourrait pousser de nombreux clients vers le numérique, ce qui permettrait de faire des économies supplémentaires.

Pour l’heure, le régulateur du secteur recommande aux banques européennes d’examiner les fusions et acquisitions possible pour tirer profit des actions coordonnées et réduire les dépenses.

Le rapport conclut que, pendant la première vague du nouveau coronavirus, les banques du bloc ont maintenu une structure de capital solide et de bons niveaux de liquidités, de même qu’elles ont augmenté leurs prêts en faveur de l’économie réelle.

La croissance des économies européennes sera-t-elle suffisante pour rembourser la dette grandissante ?

La pandémie de Covid-19 fait pression sur la durabilité de certaines économies européennes, si bien que pour certains, la croissance économique et le soutien monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) ne seront pas suffisants pour résorber la dette publique.

Le ratio des prêts non productifs, ou prêts non performants (PNP), est resté stable à 2,9 % lors du deuxième trimestre de 2020, contre 3 % le trimestre précédent, peut-on lire dans le document.

Les répercussions du virus ont été gérées grâce aux mesures extraordinaires prises par les gouvernements et régulateurs, parmi lesquelles : les moratoires sur les remboursements de prêts et les garanties publiques ainsi que l’apport financier fourni par les banques centrales.

Cependant, dès la suppression progressive des actions lancées en raison du SARS-CoV-2, il est « fort probable » que la qualité des actifs bancaires se détériore davantage, selon l’ABE.

Dans ce contexte, le régulateur avance que même si le niveau des PNP continuait de baisser, d’autres indicateurs montraient déjà de signes dommageables dans les comptes des banques. Par exemple, le nombre de débiteurs qui bénéficiaient de dérogations a « augmenté considérablement ».

Par conséquent, l’ABE recommande aux banques de se préparer aux turbulences prochaines en œuvrant « dès que possible » avec les emprunteurs en difficulté pour trouver des solutions.

Les analystes s’accordent sur le fait que la restructuration de la dette privée devrait avoir lieu dans les plus brefs délais, étant donné que davantage d’options sont envisageables par rapport à la crise financière précédente, comme le cadre amélioré des procédures d’insolvabilité.

Cette année, l’ABE a également lancé un exercice avec 29 banques volontaires en vue d’évaluer le risque climatique. Il en ressort qu’à long terme, plus de 50 % des expositions aux grandes entreprises se situaient dans des secteurs économiques potentiellement vulnérables.

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