Paris fête l’arrivée de l’autorité bancaire européenne

L’Autorité bancaire européenne quittera Londres pour Paris. [TTstudio/Shutterstock]

La France a obtenu par tirage au sort face à Dublin le siège de l’Autorité bancaire européenne. Ce qui n’empêche pas Paris de crier victoire.

Au terme d’une journée de suspens, les ambassadeurs européens réunis en Conseil des Affaires Générales ont choisi d’attribuer l’Agence européenne du médicament à Amsterdam, et l’Autorité bancaire européenne à Paris.

Martine Aubry, maire de Lille, a vivement réagi, accusant le gouvernement français de ne pas avoir fait grand-chose pour défendre la candidature de l’agence européenne pour sa ville. De fait, Lille n’a eu qu’un seul suffrage, celui de la France visiblement

« En dépit [d’une] fantastique mobilisation » des professionnels de la santé, des entreprises et des élus des Hauts-de-France, « nous ne pouvons que regretter le soutien tardif et timide affiché par le Président de la République », ont déclaré Martine Aubry (PS) et Xavier Bertrand, président de la région (LR) dans un communiqué commun.

Macron se mobilise pour la candidature de Lille acueille l'Agence européenne du médicament

Avec le Brexit, Lille pourrait être amenée à accueillir le siège de l’agence européenne du médicament. Emmanuel Macron veut peser sur la décision.

En revanche, l’attractivité de la place parisienne se trouve renforcé par l’arrivée prochaine de l’Autorité bancaire européenne, qui gère les relations entre les banques de la zone euro et celles hors zone euro. Une fonction modeste, qui ne représente que quelques 150 emplois au maximum. Mais dont la portée symbolique est importante pour le choix de localisation des institutions financières après le Brexit. C’est en tout cas la vision de l’Élysée, qui a mis Paris en ordre de bataille pour que les banques s’y sentent à leur aise. La suppression de l’impôt sur la fortune à partir de 2018 a sans doute pesé dans la balance, les traders habitués à des bonus importants risquant d’être sensibles au taux de taxation de leur futur lieu d’habitation.

Pas moins de trois ministres se sont fendus d’un communiqué commun, dont Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux, à Bercy, et Nathalie Loiseau, ministre en charge des affaires européennes. « Les mesures prises par le gouvernement font désormais de Paris une des places les plus attractives du monde », assurent-ils, en mettant en avant le guichet mis en place par Paris et la région Ile de France, « Choose Paris Region », qui tente d’inciter les établissements britanniques à venir s’installer à Paris en mettant en avant un secteur déjà florissant avec 145 000 personnes y œuvrant.

Paris, siège «idéal» pour l'Autorité bancaire selon Bruno Le Maire

Le ministre de l’Économie défend en personne la candidature de la capitale pour accueillir le gendarme bancaire européen qui doit quitter Londres. Sept autres villes sont candidates. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Finance verte

À quelques semaines du sommet sur le climat One Planet Summit, qui se tient le 12 décembre, Paris veut aussi mettre en valeur ses atouts sur la finance verte. Troisième capitale financière mondiale derrière New-York et Londres, la capitale française espère devenir « la capitale mondiale de la finance verte », comme l’a souligné la maire de Paris, Anne Hidalgo. « C’est à Paris que s’invente la transition énergétique, c’est à Paris que les entreprises sont innovantes et que se trouvent les opportunités pour contribuer au mouvement de décarbonisation de la finance et pour créer des emplois durables », a ajouté la maire.

Pour l’heure, l’essai est loin d’être marqué. À part quelques émissions d’obligations vertes, Paris a raté le virage de la finance carbone avec la fermeture de sa bourse du carbone, Bluenext, laminée par une gigantesque fraude à la TVA.

Paris europlace, le lobby de la place parisienne, n’a d’ailleurs pas du tout mentionné le sujet dans son propre communiqué lundi soir. «  La place de Paris, qui occupe une position leader, entend accélérer la construction d’une Europe financière plus intégrée et compétitive – priorité renforcée par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne – afin de relancer le financement des entreprises et favoriser la croissance », a sobrement indiqué Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace. Le lobby est d’ailleurs un des rares à souligner le rôle mineur de l’autorité bancaire au sein des complexes institutions financières européennes : il ne s’agit que de la troisième autorité de surveillance des structures bancaires l’ESMA, déjà installée à Paris rue de Grenelle, et l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles installée à Francfort.

L’autorité bancaire est chargée de gérer les relations de la zone euro avec les banques en dehors de la zone euro. Avec le Brexit et la fin du passeport européen, les actifs confiées aux banques de l’UE en dehors de la zone euro seront réduits à leur plus simple expression, soit seulement 7 % du total des actifs de l’UE.

La France peut-elle devenir un leader de la finance verte ?

L’émission d’obligations « vertes » souveraines et l’instauration d’un prix plancher du carbone auront été les principales annonces de la conférence environnementale fin avril. Où en est l’application concrète de ces mesures ? Un article de la Tribune.

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