Paris, siège «idéal» pour l’Autorité bancaire selon Bruno Le Maire

Paris veut surtout éviter que l'Autorité bancaire ne s'installe à Francfort. [Maurizio De Mattei/Shutterstock]

Le ministre de l’Économie défend en personne la candidature de la capitale pour accueillir le gendarme bancaire européen qui doit quitter Londres. Sept autres villes sont candidates. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Avec la Tour Eiffel en toile de fond, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire défend dans une vidéo de quatre minutes, tout en anglais, la candidature de Paris pour accueillir le siège de l’Autorité bancaire européenne (EBA), qui doit quitter Londres dans le cadre du Brexit. La capitale française est l’une des huit métropoles sur les rangs, selon la liste dévoilée mardi par le Conseil européen, à savoir Francfort, où se trouve déjà la Banque centrale européenne (BCE), Bruxelles, Dublin, Prague, Vienne, Varsovie et Luxembourg. Le gendarme bancaire européen, qui emploie près de 160 personnes de diverses nationalités, « trouverait à Paris les conditions idéales pour son installation et celle de ses équipes », fait valoir Bercy dans un communiqué.

« L’EBA n’a pas choisi de déménager. Il lui faut imaginer le meilleur avenir possible. Paris est le meilleur choix pour continuer à mener à bien ses tâches dans d’excellentes conditions. Nous ne ménagerons pas nos efforts pour que l’EBA s’épanouisse à Paris », promet le ministre.

« Hub financier d’envergure mondiale »

Bruno Le Maire défend les « multiples atouts » de Paris.

« Au cœur d’un écosystème financier d’envergure mondiale, la capitale est riche d’une présence bancaire forte au service d’un tissu d’entreprises dense et dynamique. Elle bénéficie d’une offre immobilière répondant parfaitement aux besoins de l’Autorité, et de liaisons aériennes et ferroviaires de qualité facilitant la conduite de ses travaux avec toutes ses parties prenantes, européennes et internationales », souligne le ministre dans un communiqué.

Il met également en avant « la profondeur du bassin d’emploi international de la région parisienne » pour les conjoints, ainsi qu’une « offre éducative exceptionnelle en langue étrangère », mais aussi « une offre culturelle et de loisirs incomparable ».

Pour accueillir l'Autorité bancaire, Francfort met en avant… sa bière

L’Allemagne intensifie son opération séduction pour relocaliser l’Autorité bancaire européenne à Francfort. La ville n’est pas seulement le centre financier de l’Europe, mais elle a aussi la « meilleure » bière, assure un représentant de la région.

Le ministère des Finances allemand a choisi, lui, un tout autre registre : il présente Francfort comme « la ville des courtes distances » et du bien-être, mettant en avant ses forêts, ses parcs, son fleuve, où l’on peut faire du stand-up paddle, et la présence d’une autre institution majeure de l’UE, qui travaille étroitement avec l’EBA – la Banque centrale européenne.

Contexte

Le Brexit force les agences européennes installées à Londres à déménager vers d’autres villes européennes. La concurrence est rude et les capitales s’arrachent la relocalisation de l’Agence européenne des médicaments et de l’Autorité bancaire européenne.

La Commission européenne a annoncé les six critères que les candidats à l’accueil de l’Agence européenne de médicaments (AEM) devront remplir. Les États membres ont jusqu’à fin juillet pour soumettre leurs dossiers de candidature, mais les discussions sur le déménagement de l’AEM et de l’Autorité bancaire européenne vont déjà bon train.

Le débat fait cependant rage entre les États, divisés en deux camps. Le premier camp considère qu’il ne s’agit pas de la création d’une nouvelle agence, avec tous les critères que cela comporterait, alors que le second défend mordicus le principe d’« équilibre géographique ». Une décision devra être prise au Conseil d’ici la fin de l’année.

Paris et Berlin doutent du schéma Eurovision pour relocaliser les agences de Londres

Les États membres devraient afficher un front uni face à Londres, selon des diplomates, qui révèlent la France et l’Allemagne aimeraient changer les modalités de décision.