Plan de relance européen : l’Espagne déploie déjà des fonds malgré les retards de ratification

Il s'agit de projets "très liés à ce que la Commission européenne va nous demander" pour bénéficier des fonds, notamment en matière de soutien à la transition écologique, a précisé M. Sánchez. [Emilio Naranjo]

L’Espagne a déjà commencé à « déployer » les fonds européens en les assignant à des projets précis, malgré les retards de ratification du plan de relance élaboré par l’UE, a annoncé mardi le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

L’Espagne, deuxième bénéficiaire de ce plan destiné à relancer l’économie européenne dévastée par la pandémie de Covid-19, doit recevoir au total 140 milliards d’euros, dont la moitié sous forme de subventions directes.

« Indépendamment » du moment où cet argent sera transféré aux Etats membres, « nous avons déjà alloué 27 milliards d’euros de fonds (pour 2021) et nous sommes déjà en train de les déployer », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse après le conseil des ministres.

« Nous allons les financer nous-mêmes jusqu’à ce que ces ressources économiques arrivent de Bruxelles (…) quel que soit le temps que mettra la Commission européenne à recourir aux marchés financiers pour s’endetter ou que mettront certains pays pour ratifier définitivement » leurs plans, a-t-il affirmé.

Derrière le plan de relance européen, la délicate question des réformes

La plupart des pays soumettront leur plan d’ici fin avril. La Commission aura deux mois pour donner son feu vert, puis le Conseil, représentant les Etats membres, disposera d’un mois pour le valider.

Un plan d’aide à l’achat de véhicules électriques, financé par les fonds européens, a ainsi été approuvé ce mardi en conseil des ministres.

Il s’agit de projets « très liés à ce que la Commission européenne va nous demander » pour bénéficier des fonds, notamment en matière de soutien à la transition écologique, a précisé M. Sánchez.

Officiellement appelé « NextGenerationEU », le fonds européen de 750 milliards d’euros, alimenté par un recours commun à la dette inédit, doit notamment financer des investissements dans la transition verte et le numérique.

Mais ce projet emblématique reste en suspens tant qu’il n’aura pas été ratifié par tous les Etats membres.

Or, parmi les 27, dix manquent encore à l’appel, dont l’Allemagne, où la légalité du dispositif est questionnée par la cour constitutionnelle.

Les discussions sur les plans nationaux, démarrées en mars, doivent se conclure rapidement pour permettre à l’été les premiers versements, sous la forme de préfinancements représentant 13% des subventions totales.

Pour l’Espagne et l’Italie, les deux principaux bénéficiaires, cela représenterait environ 9 milliards d’euros chacun.

Grâce au fonds européen, Madrid espère créer 800.000 nouveaux emplois en trois ans, et gagner 2 points de croissance du PIB par an.

Les 70 milliards d’euros promis à l’Espagne d’ici à 2023 seront consacrés à 39% à la transition écologique, à 29% à la transformation numérique, à 10,5% à l’éducation et à 7% à la R&D, a précisé M. Sanchez mardi.

Environ 13,2 milliards d’euros seront consacrés à la mobilité (développement de la voiture électrique notamment), près de 7 milliards au soutien à la rénovation/isolation de logements, 4,3 à la modernisation des administrations publiques, et 4 milliards au déploiement de la 5G.

L’Espagne, très dépendante du tourisme, est l’un des pays occidentaux dont l’économie a été le plus durement frappée par la pandémie, avec une chute du PIB de 10,8% en 2020.

Plan de relance de l’UE : Paris confiant sur de premiers décaissements « dès l’été »

La Cour constitutionnelle allemande devrait statuer « rapidement » sur le Fond de relance européen destiné à faire face à l’impact de la pandémie et les premiers versements aux États-membres intervenir « dès l’été », a estimé Clément Beaune.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer