Présentant ses priorités pour le premier semestre 2005, la
future présidence luxembourgeoise de l’UE s’est engagée à prendre
en compte les trois dimensions de la stratégie de Lisbonne. Les
Luxembourgeois tenteront également de conclure un accord sur le
budget 2007-2013 de l’Union.
Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des affaires
étrangères, a présenté lundi 21 décembre à Bruxelles la
liste des priorités de son pays dans la perspective de la
présidence de l’UE exercée par le Luxembourg à partir du 1er
janvier 2005.
M. Asselborn a notamment souligné que la présidence
luxembourgeoise n’entendait pas réduire l’agenda de Lisbonne
au seul thème de la compétitivité, mais au
contraire accorder une importance égale à ses trois
dimensions : compétitivité et croissance économique bien
sûr, mais aussi cohésion sociale et développement
durable.
La révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne, prévue
pour 2005, devrait donner lieu à un débat sur l’importance
relative devant être accordée à chacune des trois
dimensions. Plusieurs personnalités politiques et des
milieux économiques se sont récemment dites convaincus que
la croissance économique et la compétitivité constituait
des préalables indispensables à la réalisation des objectifs
d’inclusion sociale et de protection de l’environnement. D’autres
voix se sont élevées pour souligner l’existence de synergies entre
les trois dimensions, la présidence néerlandaise ayant résumé cette
dernière position sous le slogan des 3 C – appliqué à l’UE :
« Clean, clever, competitive » (« Ecologique, intelligente,
compétitive »).
Concernant les perspectives financières 2007-2013, la
future présidence luxembourgeoise s’est engagée à
tout mettre en oeuvre pour conclure un accord avant la fin du
mois de juin 2005. Ce débat portant sur le futur
budget de l’Union devrait servir de toile de fond à l’une
des plus rudes batailles entre Etats membres lors de cette
année 2005. Les Luxembourgeois seront confrontés à la tâche
herculéenne consistant à rechercher un compromis satisfaisant
à la fois les « contributeurs nets » au budget de l’Union (qui
veulent payer moins), les nouveaux Etats membres, qui veulent
bénéficier de davantage de « solidarité » (c’est à dire de fonds
européens), les Etats attachés aux bénéfices tirés des fonds de
cohésion, et enfin le Royaume-Uni, peu disposé à négocier le
« rabais » obtenu sous l’ère Thatcher.

