Pour les jeunes entreprises françaises du numérique, 2022 démarre en fanfare

Selon le décompte du secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, le troupeau des « licornes » françaises compte désormais 25 têtes, une croissance bien plus rapide que prévu. [fizkes/Shutterstock]

L’année 2022 a démarré en fanfare pour les jeunes entreprises françaises du numérique, avec des levées de fonds record cette semaine et un nouvel accroissement du troupeau des « licornes », ces anciennes start-up dont la valorisation atteint le milliard de dollars.

Le spécialiste de la revente d’objets électroniques reconditionnés, Back Market, a annoncé mardi (11 janvier) avoir levé 450 millions d’euros, lors d’une opération qui le valorise désormais à 5,1 milliards d’euros.

Quelques heures plus tôt, Qonto (paiement pour les entreprises) avait indiqué avoir obtenu 484 millions d’euros, pour une valorisation de 4,4 milliards d’euros.

Levées de fonds géantes : Back Market et Qonto sur le podium des licornes françaises

Journée historique pour la French Tech mardi 11 janvier : deux levées de fonds géantes ont été dévoilées coup sur coup par le spécialiste du paiement dédié aux entreprises Qonto et la place de marché Back Market qui montent sur le podium des licornes françaises.

Ces groupes de respectivement 650 et 500 salariés valent désormais plus que des poids lourds de l’informatique comme Atos (107 000 salariés, capitalisation boursière d’environ 3,5 milliards aujourd’hui) ou Sopra Steria (46 000 salariés, capitalisation boursière d’environ 3,4 milliards d’euros).

Qonto a rejoint les « licornes » françaises tout comme Ankorstore, place de marché pour commerçants indépendants, qui a levé « seulement » 250 millions d’euros cette semaine.

Selon le décompte du secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, ce troupeau compte désormais 25 têtes, une croissance bien plus rapide que prévu.

Il y a deux ans et demi, alors qu’elles étaient encore moins d’une dizaine, le président Emmanuel Macron avait lancé l’objectif de 25 licornes… en 2025.

Les annonces de la semaine sont « le signe qu’en ce début d’année, l’écosystème tech français continue d’être hyper florissant », déclare à l’AFP Arthur Porré, l’un des dirigeants d’Avolta Partners, une société de conseil spécialisée dans les levées de fonds.

Bientôt une « décacorne » ?

En 2021, les levées de fonds de la tech française avaient déjà bondi, dépassant 10 milliards d’euros, soit un doublement par rapport à 2020 (+125% précisément, selon un baromètre du cabinet KPMG).

« Une nouvelle progression sur 2022 des montants levés, entre 15 et 20 milliards d’euros, ne me choquerait pas » anticipe M. Porré.

Selon lui, la France est en train de suivre, avec quelques années de retard, la voie tracée en Europe par le Royaume-Uni, où les levées de fonds ont atteint 39,8 milliards de dollars l’an passé, selon des chiffres publiés jeudi (13 janvier) à Londres, soit plus de 3 fois le montant français.

« Quand vous voyez que le Britannique Checkout a levé un milliard de dollars cette semaine, pour une valorisation de 40 milliards de dollars, vous vous dites qu’il y a encore une marge de progression en France », relève le dirigeant d’Avolta Partners.

Il n’exclut pas une première levée de fonds autour d’un milliard de dollars en France cette année, voire l’émergence d’une « décacorne », une société valant plus de dix milliards.

Ces valorisations qui grimpent, pour des sociétés encore parfois loin de la rentabilité, sont artificielles ou exagérées, relativisent certains observateurs. Mais pour Matthieu Lattes, l’un des représentants en France du fonds d’investissement White Star Capital, elles correspondent bel et bien à une réalité économique.

« Le juge de paix, ce sont les introductions en Bourse », lorsque ces sociétés publient leurs comptes et doivent séduire les grands investisseurs, explique-t-il.

« Or, on a le sentiment que les valorisations représentent bien » l’opinion des investisseurs boursiers « et qu’il y a bien un marché » pour ces sociétés quand elles ouvrent leur capital au public, fait-il valoir.

L’année dernière, pour la première fois depuis très longtemps, des sociétés tech sont entrées à la Bourse de Paris avec des valorisations supérieures au milliard d’euros : le champion français et européen du cloud OVHcloud (capitalisation boursière aux alentours de 5 milliards d’euros aujourd’hui), ou la pépite musicale Believe (capitalisation boursière d’environ 1,6 milliard aujourd’hui).

OVHcloud confirme son entrée en bourse à l'automne

Sur l’antenne de Radio Classique, le directeur général d’OVH Michel Paulin a confirmé ce matin (14 juin) partir à l’assaut des marchés financiers à l’automne, alors que l’information était sortie dans la presse la veille.

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