Pour l’OCDE, la politique de Macron fonctionne

Le siège de l'OCDE à Paris [OCDE/Flickr]

Dans son rapport sur la France, l’OCDE encourage le gouvernement français à poursuivre sur la voie des réformes, qui pourraient entraîner une hausse du PIB par habitant de 5% à l’horizon de dix ans. Un article de notre partenaire La Tribune

Dans la dernière étude économique de la France que publie l’OCDE, les facteurs à l’origine des résultats économiques du pays sont examinés, ainsi que les mesures qui seraient susceptibles de dynamiser la productivité et la compétitivité, deux conditions essentielles pour améliorer les niveaux de vie futurs.

Redynamiser la croissance

Les prévisions de croissance établies dans l’étude sont de 1,3% pour cette année comme pour l’année prochaine, un niveau qui, en l’absence de nouvelles réformes, sera insuffisant pour entraîner une décrue rapide du chômage et une amélioration notable des finances publiques.

Pour l’organisme, l’action des pouvoirs publics devrait se concentrer sur des stratégies à long terme pour redynamiser la croissance, améliorer la viabilité des finances publiques, créer davantage d’emplois de meilleure qualité et assurer plus d’inclusivité et de cohésion sociale.

L’étude encourage donc le gouvernement français à poursuivre sur la voie des réformes, tant celles déjà engagées par le gouvernement que celles recommandées par l’OCDE, dont les effets combinés pourraient entraîner une hausse du PIB par habitant de 5% à l’horizon de dix ans. Ces réformes, destinées à doper le revenu des ménages situés dans la moitié inférieure de la distribution des revenus, devraient favoriser une croissance plus inclusive.

Programme de réformes

L’étude attire également l’attention sur divers risques à la baisse, notamment liés au ralentissement de l’activité mondiale ainsi qu’aux mouvements actuels de contestation sociale en France. Il est recommandé que les effets de redistribution soient une priorité des réformes économiques à venir. Dans ce sens, des efforts supplémentaires pourraient se révéler nécessaires pour que les réformes soient socialement mieux acceptées et que les politiques publiques soient mieux mises en œuvre. À cet égard, certaines mesures additionnelles sont examinées dans l’étude, qui pourraient compléter le programme de réformes en cours et garantir une croissance plus durable et plus inclusive.

« Il est réellement nécessaire de s’attaquer aux enjeux sociaux que constituent le chômage de longue durée, les difficultés d’insertion sur le marché du travail et le manque de mobilité sociale », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría.
« Le gouvernement a entrepris des réformes courageuses pour stimuler l’activité économique, augmenter le revenu disponible des bas salaires et placer les finances publiques sur une trajectoire plus viable. La France devrait tirer profit de ce programme de réformes et prendre encore d’autres mesures pour améliorer l’efficience de la dépense publique, créer des emplois de qualité et faire en sorte que l’économie de demain bénéficie à tous ».

L’étude souligne la nécessité d’un renforcement des compétences et de l’insertion dans l’emploi de la main-d’œuvre peu qualifiée. Pour cela, il faudrait améliorer la qualité du système éducatif, et adopter des réformes pour que des formations de qualité bénéficient à tous, ainsi que des mesures visant à réduire le recours aux contrats courts.

Maîtrise des dépenses publiques

Toujours selon l’étude, une meilleure qualité des dépenses publiques permettrait également d’améliorer le solde financier public et de dégager une marge de manœuvre budgétaire pour abaisser les taux d’imposition à long terme, en particulier les prélèvements sur le travail. Il faudrait fixer des objectifs précis de maîtrise des dépenses publiques tout en veillant plus particulièrement à ce que l’investissement et les dépenses sociales soient correctement ciblés pour contribuer à une croissance plus vigoureuse et plus verte.

De plus, continuer à augmenter la taxation environnementale tout en accompagnant les populations les plus affectées favoriserait aussi la transition écologique. En outre, réformer le système de retraites est nécessaire.

Enfin, la poursuite des initiatives visant à réduire les obstacles administratifs à l’entrée sur le marché et à supprimer les réglementations inutilement restrictives permettrait de susciter plus de concurrence et d’instaurer un environnement propice aux entreprises jeunes et dynamiques, générant des gains de productivité et stimulant l’innovation.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

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