Pour un think-tank allemand, la France fait partie des perdants de l’euro

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Une étude de l’organisation allemande CEP affirme cette semaine que la monnaie unique a eu un impact négatif pour l’économie française alors que l’Allemagne aurait grandement bénéficié de son introduction. Un article de notre partenaire, Ouest France.

Le think-tank allemand Centre de politique européenne (CEP) sort une étude lundi 25 février sur les pays qui ont profité de l’euro ou qui ont subi un impact négatif pour leur économie. Selon les auteurs de l’étude, l’Allemagne serait la grande gagnante tandis que la France et l’Italie n’ont pas fait les réformes nécessaires et se classeraient comme les grandes perdantes.

Selon l’étude « 20 ans de l’Euro : les perdants et les gagnants, une enquête empirique », chaque Français aurait perdu près de 56 000 € par habitant. Les Italiens auraient carrément perdu plus de 73 000 € depuis que leur pays est entré dans l’euro. A contrario, les Allemands et les Néerlandais auraient gagné 23 000 et 21 000 euros.

Une méthode très complexe de calcul

Pour parvenir à ces résultats, les auteurs de l’étude, Alessandro Gasparotti et Matthias Kullas, affirment avoir utilisé la « méthode de contrôle synthétique », qui permettrait de quantifier l’impact d’une mesure politique comme l’introduction de l’euro sur le produit intérieur brut par habitant.

Pour évaluer le PIB fictif par habitant des pays concernés, l’étude se fonde sur les résultats économiques de huit pays non-membres de la zone euro. « Une méthode purement statistique », relativise l’économiste de l’OFCE Mathieu Plane. « Il faut prendre ce type de méthode avec prudence, notamment car il peut y avoir suivant les pays des évolutions sectorielles très différentes selon les époques. Il est vraiment très difficile de savoir comment les économies auraient évalué sans l’euro. »

La France ne peut plus dévaluer

Selon Matthias Kullas du CEP, les résultats de l’étude montreraient que la France et l’Italie n’ont pas encore mené les réformes structurelles nécessaires et ne peuvent plus dévaluer comme avant. Le gouvernement d’Édouard Philippe irait dans la bonne direction d’après lui.

« Les réformes du marché du travail vont dans la bonne direction. Le pouvoir des syndicats a été réduit. La négociation des salaires et des conditions de travail au niveau de l’entreprise a été facilitée », déclare-t-il au quotidien autrichien Die Presse.

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