Le gouvernement bulgare ébranlé par la cession opaque du réseau électrique

Boyko Borissov (à droite), le Premier ministre bulgare, accueille Andrej Babiš, le Premier ministre tchèque, lors de leur rencontre officielle à Sofia, en Bulgarie, le 22 janvier 2018. [Vassil Donev/EPA/EFE]

Le Premier ministre bulgare ne prévoit pas de démissionner pas pour le scandale entourant la vente de CEZ Bulgaria à une micro-entreprise. Il affirme qu’il s’agit d’un complot contre lui.

Le 22 février, le géant tchèque de l’énergie CEZ a officiellement annoncé la vente de ses actifs en Bulgarie à une petite entreprise bulgare appelée « Inercom Bulgaria ». Le prix d’achat a été annoncé à 320 millions d’euros, alors que l’acquéreur recevra une société avec un chiffre d’affaires annuel de près d’un milliard d’euros.

Inercom Bulgaria a été créée l’année dernière avec un capital de 25 000 euros et est gérée par Ginka Varbakova, une Bulgare originaire de la ville de Pazardzhik qui n’a aucune expérience dans la gestion de sociétés ou de projets énergétiques.

En février 2013, Boyko Borissov avait déjà été contraint de démissionner suite à un scandale lié au prix de l’électricité. La société tchèque CEZ était alors accusée de mettre sur la paille les consommateurs bulgares.

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En ce qui concerne les opérateurs de réseaux, la Bulgarie est divisée en trois zones. CEZ a le monopole de la partie occidentale du pays, notamment de Sofia, la capitale. Une autre entreprise tchèque, Energy-Pro, contrôle le nord-ouest et EV, une entreprise autrichienne, le sud-ouest.

Les consommateurs bulgares soupçonnent depuis longtemps les trois sociétés d’avoir conclu des accords tacites, car elles pratiquent des prix similaires dans un marché où il n’y a pas de concurrence. Le régulateur national de l’énergie, censé contrôler le secteur, n’a pas la confiance de la population.

Pas de démission cette fois

Contrairement à 2013, le scandale a également des répercussions politiques pour le Premier ministre tchèque Andrej Babiš. Un journal tchèque a rapporté qu’Andrej Babiš était « choqué » par les révélations concernant l’affaire et a demandé des explications à CEZ.

Sans dénoncer les coupables, Boyko Borissov a déclaré que la vente de CEZ Bulgarie était en réalité un complot visant à le renverser alors qu’il se trouvait à Bruxelles pour le sommet européen. « C’est toujours le même scénario avec ces malfrats. […] Ces personnes m’ont déjà chassé du pouvoir, et maintenant ils essaient une nouvelle fois », a déclaré le Premier ministre à la télévision publique.

« Je ne démissionnerai pas cette fois et je promets que je les dénoncerai. »

Le même jour, Temenuzka Petkova, la ministre bulgare de l’Énergie, a démissionné. Elle explique que sa démission n’a rien à voir avec l’achat des actifs de CEZ, mais qu’elle est une amie proche de Ginka Varbakova depuis plus de 20 ans. Temenuzka Petkova a déclaré qu’elle quittait le gouvernement pour qu’il n’y ait aucune spéculation sur cette amitié.

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Lors du sommet européen la semaine dernière, Boyko Borissov a dû faire face à des questions épineuses de journalistes bulgares basés à Bruxelles. Les questions portaient sur une visite surprise du Premier ministre tchèque en Bulgarie, le 22 janvier. Certains soupçonnent que la vente de CEZ était au cœur des discussions bilatérales, mais Boyko Borissov réfute ces accusations. Cette confrontation l’aurait découragé à affronter à nouveau la presse, ce qui n’est pas habituel de sa part.

Le Premier ministre bulgare semblait nerveux lors de son apparition à la télévision, affirmant que la vente de CEZ était un complot visant à l’évincer. Il a ajouté qu’il n’était pas possible de faire marche arrière sur l’accord, une déclaration réfutée par des politiciens et des analystes. Il a également déclaré à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’un accord entre deux entreprises privées, alors que CEZ est en réalité une société publique tchèque.

Le Premier ministre indique également avoir reçu des documents confidentiels d’Andrej Babiš sur l’accord prouvant que des sociétés offshore russo-géorgiennes sont impliquées, ainsi que des banques russes et bulgares. Il appelle la banque centrale et les services de renseignement du pays à se pencher sur l’affaire.

Entre-temps, il est apparu que le prix de vente de l’entreprise était plus élevé que les 320 millions d’euros annoncés, car il comprend également les dettes de CEZ Bulgarie.

Le parti socialiste de l’opposition exige que la vente ne se fasse pas et appelle le gouvernement à organiser un nouvel appel d’offres.

Boyko Borissov, qui a précédemment rejeté les demandes des socialistes pour que l’État rachète des actifs énergétiques privés, informe que le gouvernement envisage de faire des changements d’ordre juridique pour qu’il puisse avoir son mot à dire dans des transactions similaires.

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