Quatre pays dans la course à la direction du Mécanisme européen de stabilité

Le directeur du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, lors d’une conférence de presse après sa rencontre avec le ministre grec des Finances Staikouras à Athènes, en Grèce, le 09 mars 2020. [EPA-EFE/YANNIS KOLESIDIS]

Alors que le mandat de l’actuel directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, arrive à son terme en octobre 2022, quatre hommes ont été proposés par leur gouvernement pour lui succéder.

Les ministres des Finances de la zone euro discuteront des candidats lors de leur réunion du 23 mai, et voteront sur le successeur de M. Regling le 16 juin. Le candidat retenu devra remporter 80 % des voix pour être élu pour un mandat de cinq ans à la tête du MES.

Le MES est une organisation intergouvernementale regroupant tous les membres de la zone euro, chargée de soutenir les États membres qui connaissent des difficultés financières — par exemple s’ils ne peuvent plus assurer le service de leur dette publique ou si leur secteur financier est en difficulté et menace de déstabiliser l’économie du pays.

Il a été mis en place en octobre 2012 pour succéder au Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui avait été créé comme un filet de sécurité temporaire pour fournir une aide d’urgence à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal pendant la crise de la dette de la zone euro.

Pour bénéficier d’un soutien financier, les pays doivent toutefois déposer une demande officielle et s’engager à entreprendre des réformes.

Les candidats

Les gouvernements de l’Italie, des Pays-Bas, du Portugal et du Luxembourg ont chacun désigné un candidat au poste peu avant la date limite du lundi 2 mai, selon un communiqué de presse de Paschal Donohoe, ministre irlandais des Finances et président de l’Eurogroupe.

L’Italie a désigné Marco Buti, qui a été directeur général des Affaires économiques et financières à la Commission européenne de 2008 à 2019 avant de rejoindre le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, en tant que chef de cabinet.

Actuellement, M. Buti est l’un des principaux architectes de la réforme du cadre de gouvernance macroéconomique et des règles budgétaires qui devrait être proposée dans le courant de l’année.

Le gouvernement néerlandais, quant à lui, a nommé Menno Snel, qui a été secrétaire d’État aux Finances de 2017 à 2019.

Le Portugal a proposé João Leão, qui a été ministre des Finances du gouvernement Costa de 2020 à mars 2022.

Le Luxembourg a proposé Pierre Gramegna, également ancien ministre des Finances, en poste de 2013 à janvier 2022.

Les ministres des Finances de la zone euro auront donc la possibilité de voter pour l’un de leurs anciens collègues pour succéder à l’actuel directeur général, Klaus Regling.

La fin d’une longue carrière

Jusqu’à présent, Klaus Regling, 71 ans, a été le premier et le seul directeur général du MES depuis sa création en 2012, pendant la crise de la dette de la zone euro.

M. Regling a été le prédécesseur de Marco Buti au poste de directeur général des Affaires économiques et financières de la Commission européenne, qu’il a occupé de 2001 à 2008. Au début des années 1990, il a travaillé pour le ministère allemand des Finances, contribuant à jeter les bases de l’union économique et monétaire qui est toujours en place aujourd’hui.

À la fin de l’année 2021, M. Regling a publiquement critiqué les règles fiscales de l’UE, qu’il a contribué à mettre en place, en les qualifiant d’« économiquement absurdes ».

« Les politiciens devraient être conscients qu’un pays peut emprunter trop, mais aussi trop peu », a-t-il déclaré, tandis que les économistes du MES ont plaidé pour une augmentation des limites de la dette publique, compte tenu de l’environnement de faibles taux d’intérêt.

Le mandat de M. Regling prendra fin le 7 octobre, après quoi le nouveau directeur général prendra les rênes dans une période de forte incertitude économique et de niveaux élevés de dette publique.

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