La crainte d’une récession augmente à mesure que l’inflation diminue dans la zone euro

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. [Ronald Wittek/EPA]

L’inflation dans la zone euro est tombée à 1 % en juillet, son plus bas niveau depuis 2016, selon les données d’Eurostat publiées le 19 août 2019. Ce qui pousse la Banque centrale européenne à réamorcer son programme de relance économique en septembre.

L’inflation dans la zone euro est tombée de plus d’un point comparé à la même période l’année dernière (2,2 %), s’éloignant encore plus de l’objectif de la BCE de 2 %.

Les dernières prévisions d’Eurostat publiées la semaine dernière montrent aussi que même si le PIB continue de croitre, il n’a augmenté que de 0,2 % au second trimestre de 2019.

L’Allemagne, moteur économique de la zone euro, pourrait bientôt entrer dans une période de récession, a affirmé le banquier central allemand, Jens Weidmann, qualifiant le ralentissement de chute.

Le recul du PIB allemand pénalise toute l’Europe

La chute du PIB en Allemagne a ralenti les résultats économiques de l’UE et de la zone euro. Si l’économie allemande, locomotive de l’Europe, cesse de fonctionner, le train européen ralentit. Dans le même temps, la création d’emploi décline dans l’UE. Un article d’Euroefe.

La zone euro a aussi souffert du « ramollissement des dynamiques de croissance mondiale et d’un faible commerce international », avait expliqué le président de la BCE, Mario Draghi, lors d’une conférence de presse en juillet.

Pas de décision avant septembre

Dans ce contexte, la BCE semble prête à rouvrir son programme d’achat d’obligation. Après la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE en juillet, toutes les options étaient sur la table pour stimuler l’économie de la zone euro.

La Banque prendra une décision en septembre, en fonction des dernières prévisions. Mais certains de ses membres font déjà des commentaires publics pour préparer le terrain. Ainsi, le gouverneur de la banque centrale estonienne, Madis  Müller, a déclaré dans un article qu’étant donné que l’inflation dans la zone euro s’éloignait de l’objectif de la BCE, la Banque devait « stimuler l’économie ».

Dans une interview avec le Wall Street Journal il y a quelques jours, le gouverneur de la banque centrale finlandaise, Olli Rehn, a assuré que des achats d’obligations « suffisants et substantiels » ainsi que des réductions de taux d’intérêt pourraient être nécessaires. La BCE a maintenu son principal taux d’intérêt à zéro en juillet.

« Il est important que nous proposions des mesures efficaces en septembre », a affirmé Olli Rehn.

Selon Mario Draghi, la BCE envisage depuis plusieurs mois un stimulus monétaire pour « garantir que les conditions financières restent très favorables et soutiennent la croissance de la zone euro ».

Si la situation ne s’améliore pas, « le Conseil des gouverneurs est décidé à agir », a insisté le président de la BCE. Mario Draghi sera remplacé en octobre par Christine Lagarde, ancienne directrice du Fonds monétaire international.

Christine Lagarde, un profil qui détonne à la BCE

Avocate de formation, membre de la droite française, Christine Lagarde a été nommée pour prendre la succession de Mario Draghi. La directrice du FMI présente un profil atypique, du fait de son absence d’expérience bancaire et de quelques casseroles.

Politique d’achat d’obligation

La BCE a lancé en mars 2015 un programme d’achat d’actifs du secteur public sur les marchés secondaires (PSPP). Dans le cadre de ce programme, la BCE a acheté des obligations publiques sur les marchés secondaires pour stimuler la croissance et empêcher une déflation dans la zone euro.

Le programme a été suspendu en décembre 2018, quelques jours seulement après que la BCE a remporté une victoire historique devant la Cour de justice de l’UE. La Cour a soutenu le programme en confirmant qu’il relèvait du mandat de la BCE et était le dernier recours du préteur pour enrayer la déflation.

Mario Draghi pourrait donc une nouvelle fois utiliser ce joker en septembre.

La justice européenne valide la stratégie de la BCE

La Cour de justice de l’UE a donné raison à la Banque centrale européenne : sa politique d’achat d’obligations nationales est conforme au droit européen, malgré les inquiétudes allemandes.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.