Réforme du pacte de stabilité de la zone euro. La France veut d’abord discuter avec l’Allemagne

Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a plaidé ce lundi 29 mars pour une réforme profonde du pacte afin de promouvoir l’investissement et la croissance, une fois passé le choc de la pandémie. [EPA/ARNE DEDERT]

Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, a souligné qu’une discussion entre Français et Allemands était nécessaire avant une éventuelle réforme du pacte de stabilité de la zone euro, qui prévoit notamment des limites de déficit et d’endettement. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Paris et Berlin devront discuter ensemble d’une réforme du pacte de stabilité européen avant que le débat ne soit élargi, a déclaré jeudi (1er avril) le secrétaire d’État français aux Affaires européennes.

« Nous devrons avoir une discussion franco-allemande d’abord, sans doute en fin d’année 2021, début 2022 avec le nouveau gouvernement fédéral » issu des législatives de septembre, a relevé Clément Beaune devant la Commission des Affaires européennes du Sénat français. Ce sujet sera aussi abordé durant la présidence française de l’Union européenne au premier semestre 2022, a-t-il dit

Paolo Gentiloni plaide pour une réforme profonde du pacte de stabilité

« La Commission européenne envisage des propositions, y compris législatives, d’ici la fin de l’année », a également noté le secrétaire d’État.

Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a plaidé ce lundi 29 mars pour une réforme profonde du pacte afin de promouvoir l’investissement et la croissance, une fois passé le choc de la pandémie.

La zone euro confirme sa politique budgétaire anti-crise

« Tant que la crise sanitaire ne sera pas terminée et que la reprise ne sera pas fermement engagée, nous continuerons à protéger notre économie en déployant le niveau de soutien budgétaire nécessaire« , ont affirmé les ministres des Finances des 19 pays partageant la monnaie unique dans un communiqué commun.

Les pays de la zone euro se sont provisoirement affranchis des règles du pacte

Depuis le début de l’effondrement économique provoqué par la pandémie il y a un an, les pays de la zone euro se sont provisoirement affranchis des règles du pacte de stabilité qui limite notamment le déficit public à 3 % du produit intérieur brut (PIB) et la dette à 60 % du PIB.

Certaines de ces règles, jugées obsolètes par des pays membres, dont la France, doivent faire l’objet d’un débat, après l’été, en vue d’une éventuelle réforme.

Des divergences entre pays

Mais des divergences existent au sein de la zone euro, avec notamment l’opposition de pays dits « frugaux » du nord de l’Europe.

« On ne doit pas refaire l’erreur que nous avons faite en gérant mal l’après-crise (de l’euro) en 2011, 2012, 2013, en durcissant les règles budgétaires d’avant-crise », a insisté Clément Beaune.

La zone euro critiquée après la précédente crise

Après la crise financière de 2008, la zone euro avait été fortement critiquée pour avoir renoué trop vite avec l’austérité budgétaire. Cette politique avait provoqué une rechute de l’économie, et, finalement, une aggravation des déficits faute de croissance ainsi que des divisions entre États membres.

« On devra adapter ces règles de manière claire parce que la situation économique est tout simplement très différente. La zone euro en moyenne sera à 100 % de dette », a martelé le secrétaire d’État français.

Vers une réduction de la dette publique plus graduelle ?

Clément Beaune a plaidé pour une « sorte de nouveau pacte économique, avec une stratégie d’investissement et sans doute des moyens supplémentaires et des règles adaptées à la nouvelle situation économique ».

L’Italien Gentiloni a proposé des « scénarios de réduction de la dette publique plus graduels, réalistes et différenciés » que les critères actuels afin de ne pas casser la reprise économique en sortie de crise.

L'Espagne est le pays de la zone euro qui a le moins dépensé pour faire face à la crise, selon la BCE

D’après la Banque centrale européenne (BCE), l’Espagne est le pays de la zone euro qui a le moins dépensé par rapport à son produit intérieur brut (PIB) pour affronter la crise déclenchée par la pandémie de Covid-19. Un article d’Euroefe.

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