Le télétravail doit être réglementé « rapidement », selon la présidence portugaise de l’UE

Mardi 9 mars, le secrétaire d’État adjoint portugais au Travail et à la Formation professionnelle, Miguel Cabrita, a exhorté les États membres à accélérer les procédures visant à réglementer le télétravail. [Shutterstock/Denise Fernandes]

Mardi 9 mars, le secrétaire d’État adjoint portugais au Travail et à la Formation professionnelle, Miguel Cabrita, a exhorté les États membres à accélérer les procédures visant à réglementer le télétravail, déclarant que des actions rapides maximiseront les opportunités et minimiseront les risques.

À l’occasion de la Conférence de haut niveau sur l’avenir du travail, organisée par la présidence tournante portugaise, M. Cabrita a souligné qu’il était essentiel de trouver un équilibre entre les opportunités et les risques entraînés par le télétravail.

« Il est nécessaire d’agir rapidement afin d’établir un cadre réglementaire pour ce modèle qui ne présente plus rien de nouveau », et qui s’est répandu en raison de la pandémie de Covid-19.

Irene Mandl, directrice du service de l’emploi de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), a indiqué que le télétravail était devenu « la nouvelle norme » au fil de la crise sanitaire, appuyant également l’idée d’y assortir des règles.

« Certains aspects de l’emploi devraient continuer à se dérouler à distance après la pandémie », soutient-elle.

Parmi les avantages du travail à distance figurent le renforcement de l’inclusion des travailleurs, de la flexibilité et de l’autonomie ainsi qu’un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie de famille.

Néanmoins, elle admet également que le télétravail pose certains risques : exclusion de certains groupes, le contrôle accru des travailleurs, plus de stress, des heures de travail non délimitées.

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Ilze Zvidrina, présidente du comité de l’emploi à la Commission européenne a souligné que le SARS-CoV-2 avait « creusé certains des inconvénients pré-pandémie » du télétravail. Dans ce contexte, elle souhaite également trouver le juste équilibre pour le marché du travail, en prenant en compte la création et la suppression d’emplois. De plus, elle appelle à redoubler d’efforts pour réduire la segmentation du marché.

« Le télétravail fonctionne pour certaines professions, pas pour d’autres », estime-t-elle.

Aux yeux de Stefano Scarpetta, leader de la direction pour l’emploi, le travail et les affaires sociales à l’OCDE, la pandémie a engendré « une crise sociale majeure pour le marché de l’emploi ». Nombreux sont ceux qui ont été contraints de revoir leur façon de travailler.

Le virus nous a montré « que beaucoup d’emplois peuvent être assurés à la maison et que les sociétés avaient des travailleurs capables de s’adapter pour ce faire », a fait savoir M. Scarpetta.

« Il est probable que nombre de travailleurs continuent le télétravail après la pandémie, ou qu’ils se retrouvent dans des situations hybrides », a-t-il ajouté, avertissant toutefois que ce phénomène pourrait rallonger les heures de travail et engendrer un sentiment de stress numérique.

Parallèlement, les coordinateurs du livre vert sur l’avenir de l’emploi au Portugal, Teresa Coelho Moreira et Guilherme Dray, ont révélé qu’en 2014 seul 0,5 % de la population active du pays travaillait à distance, contre 12,3 % à l’heure actuelle.

« Il y a de nouvelles opportunités et de nouveaux risques. C’est la raison pour laquelle il faut adopter des politiques publiques garantissant la liberté de choix et la protection des télétravailleurs », a renchéri M. Dray.

Selon Mme Coelho Moreira, des risques se posent également, notamment en raison du « manque de vigilance » des algorithmes liés à l’accès à des données confidentielles par l’employeur.

De son côté, la directrice générale adjointe de l’Organisation mondiale du travail (ILO) Martha Newton, a avancé que malgré ces risques « si le télétravail s’opère sur base volontaire, chaque partie peut en tirer profit : les entreprises et les travailleurs ».

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