Relier l’agenda de Lisbonne au développement durable [FR]

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Lors d’une audition publique organisée par le CESE les 20 et 21 mars 2006, la plupart des acteurs se sont exprimés en faveur d’une meilleure intégration de l’agenda de Lisbonne dans la stratégie globale de l’UE relative au développement durable.

Le Comité économique et social européen a organisé une audition publique sur la révision de la stratégie du développement durable, en association avec les autres institutions européennes. Plus de 200 parties concernées ont débattu de l’état d’avancement de la révision actuelle et ont fait part de leur déception quant au manque d’intérêt apparent de la Commission pour une précédente conférence en avril 2005, lors de la préparation de la révision. 

Plusieurs intervenants ont souhaité réunir les deux principales stratégies de l’UE : la relance de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi « l’agenda de Lisbonne ») et la stratégie en faveur du développement durable sur le long terme. Le représentant de la présidence autrichienne a comparé la stratégie en faveur du développement durable à un « marathon », ce à quoi d’autres intervenants ont répondu que Lisbonne pouvait être considérée comme « un sprint dans une course marathon » et que ces « sprints » pourraient « mettre le coureur hors piste pour son marathon ».

L’essentiel des parties prenantes ont fait au cours de ce débat de deux jours les recommandations suivantes :

  • adoption des 6 domaines prioritaires de la proposition de révision de la Commission (réchauffement climatique et énergie propre, santé publique, exclusion sociale, gestion des ressources naturelles, transport durable, pauvreté dans le monde). Ils ont souhaité y ajouter un septième domaine : la compétitivité durable et l’innovation; 

  • besoin urgent d’élaborer une stratégie européenne pour la consommation et la production durables, comme décidé lors de la conférence de Johannesburg; 

  • un nouvel objectif de réduction de « l’empreinte écologique » des 25 Etats membres (un indicateur mesurant la consommation de l’espace géographique et des ressources naturelles par un pays ou une personne);

  • mieux définir les stratégies et les plans d’action nationaux en faveur du développement durable et augmenter leur nombre (les parties prenantes au débat ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur des plans nationaux volontaires ou obligatoires); 

  • un nouveau conseil Développement durable ou des réunions annuelles communes des Conseils ECOFI et Affaires générales et des ministres européens du développement sur le développement durable; 

  • faire une seule révision des stratégies de Lisbonne et du développement durable au cours du même Sommet européen, au lieu d’une en mars et d’une en juin; 

  • analyses d’impact pour l’ensemble des subventions et des fonds européens;
  • chaque présidence devra présenter sa propre feuille de route pour la stratégie en faveur du développement durable et toutes les DG devront définir des objectifs dans ce domaine; 

  • les critères de développement durable devront être utilisés lors de la révision du budget européen sur le long terme (« perspectives financières ») en 2008;
  • le Parlement européen et le CESE devront créer des commissions sur le développement durable;
  • une stratégie de communication pour la stratégie en faveur du développement durable;
  • des lignes directrices claires pour garantir la cohérence des stratégies nationales en faveur du développement durable;
  • un organe consultatif indépendant de l’UE pour la stratégie du développement durable.

Le ministre autrichien de l'environnement, Josef Pröll, a déclaré lors de la conférence que la présidence s'en tiendra aux deux stratégies différentes et n'a pas l'intention de les fusionner. Selon lui, les citoyens sont davantage préoccupés par le chômage et la croissance et l'agenda de Lisbonne maintiendra donc sa priorité, bien qu'il ait reconnu la nécessité pour l'UE de renforcer sa stratégie en faveur du développement durable et de s'attaquer aux tendances non durables.La secrétaire générale de la Commission, Catherine Day,  a déclaré que l'urgence actuelle du débat énergétique avait révélé la "fragilité de notre modèle de développement". Elle a également défendu l'existence de deux stratégies distinctes mais a souligné que, pour la Commission, "l'agenda de Lisbonne fait partie de la stratégie en faveur du développement durable."

L'UE est en train de réviser sa stratégie en faveur du développement durable. Cette stratégie a été adoptée au cours du Conseil européen de Gothenburg et complétée par la suite par une communication sur la dimension extérieure du développement durable lors du Sommet de Barcelone.

La révision a commencé en février 2005 lors de la présentation par la Commission un bilan critique et de futures orientations (voir EURACTIV 15 fév. 2005). En juin 2005, le Conseil a adopté un projet de déclaration sur les principes directeurs pour le développement durable et en décembre 2005, la Commission a présenté sa communication très attendue sur la révision en elle-même (voir EURACTIV 14 déc. 2005).

La présidence autrichienne a instauré un groupe "Amis de la présidence" qui prépare le débat de juin 2006 au Conseil européen. La plupart des formations du Conseil européen méneron des débats sur cette révision au cours des prochaines semaines ou des prochains mois. 

  • Le Conseil européen de juin devrait adopter la stratégie révisée en faveur du développement durable.

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