Rénovation énergétique : la suppression des coups de pouce CEE inquiète le secteur du bâtiment

Les travaux de rénovation énergétique représentent seulement 25% de part de marché, contre 48% pour le secteur du neuf, qui lui s’effondre. « Il y aura peut-être un peu plus d’emplois dans la rénovation mais, si rien n’est fait, ça ne compensera pas les pertes à venir », avertit la FFB. [Elitprod]

Si le marché de la rénovation énergétique a retrouvé, fin 2020, son niveau du 4e trimestre 2019, l’aide financière de 2 milliards d’euros dans le cadre du plan France Relance, risque de ne pas suffire à compenser les pertes liées à la suppression des coups de pouce CEE.

« Au 4e trimestre 2020, on a constaté qu’une dynamique avait été enclenchée grâce à Ma Prime Rénov’ », commente la Fédération Française du Bâtiment (FFB), jointe par EURACTIV. « Mais la suppression des coups de pouce CEE en juillet 2021 va venir à nouveau perturber le jeu. On le sentira en cours d’année, au deuxième trimestre et au-delà. »

Les coups de pouce CEE sont une aide complémentaire attribuée aux ménages les plus modestes dans le cadre de travaux de rénovation énergétique. Cumulable avec le dispositif Ma Prime Rénov’, cette aide financière, qui rencontre un « franc succès », a permis de réaliser entre 2019 et 2020 « l’isolation de près d’1,5 million de logements et le remplacement d’environ 550 000 chaudières », d’après un communiqué de presse de la FFB. 

« Dans ces dossiers, il y avait souvent une combinaison CEE et Ma Prime Rénov’. Sans cette partie coups de pouce CEE, sur les travaux d’isolation et chaudière, ces marchés là vont se tasser un peu, et on ne connaitra pas la dynamique prévue », craint la FFD. 

Et ce, malgré l’ouverture en parallèle de Ma Prime Rénov’ en 2021 aux ménages aisés, aux bailleurs et aux co-propriétaires. « Avec une aide aux maximum de 14 000 euros, les ménages aisées ne pourront pas financer de gros travaux. Ce sont des travaux qui avoisinent facilement 60 000 euros dans certains cas », analyse la FFD.  « Ils ne sont pas éligibles au financement des travaux élémentaires comme un changement de chaudière », précise-t-elle. Des travaux moins coûteux, et donc plus accessibles aux ménages. 

Au delà des pertes engendrées par la fin des coups de pouce CEE, le secteur du bâtiment se montre inquiet quant à la reprise de l’activité. Pour Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, « cette prime est essentielle pour aider les Français à améliorer le confort de leur logement, réduire leur facture énergétique ainsi que pour soutenir l’activité économique des artisans du bâtiment ».

La FFB se montre moins enthousiaste. Car les travaux de rénovation énergétique représentent seulement 25% de part de marché, contre 48% pour le secteur du neuf, qui lui, s’effondre. « Il y aura peut-être un peu plus d’emplois dans la rénovation mais, si rien n’est fait, ça ne compensera pas les pertes à venir », avertit la FFB. 

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