La Russie adopte une liste de pays « ennemis » auxquels elle paiera ses dettes en roubles

Un Russe entrant dans un bureau de change affichant des signes de devise en dollars américains et en euros, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 02 mars 2022. [EPA-EFE/ANATOLY MALTSEV]

Toute entreprise russe souhaitant travailler avec des personnes ou des entités figurant sur la liste des «  pays inamicaux  » devra obtenir l’approbation du gouvernement, a déclaré Moscou mardi 8 mars, à la suite de la publication de cette liste samedi.

La liste des ennemis supposés de la Russie comprend les 27 pays membres de l’UE plus Monaco, la Suisse, la Norvège, l’Islande et Saint-Marin, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Suisse, le Japon, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, Singapour, Taïwan, la Micronésie.

Parmi les Balkans occidentaux, l’Albanie, le Monténégro et la Macédoine du Nord sont inclus, mais pas la Serbie, un pays candidat à l’UE qui a refusé d’appliquer les sanctions contre la Russie et continue à entretenir des liens amicaux avec Moscou.

En ce qui concerne les États officiellement désignés comme ennemis, la Russie ne réglera ses dettes envers les entités de ces pays qu’en roubles. En outre, toute opération commerciale devra être approuvée par une commission gouvernementale russe.

Le rouble perd sa valeur à une vitesse vertigineuse en raison des sanctions occidentales. Mardi, le dollar américain s’échangeait à 155 roubles, contre environ 80 roubles à la fin du mois de février.

Il semblerait que le débiteur puisse demander à une banque russe de créer un compte spécial en roubles au nom du créancier étranger et d’envoyer un paiement en monnaie russe pour le montant dû au taux de change d’un jour donné. Cette mesure sera appliquée aux paiements supérieurs à 10 millions de roubles par mois (65  000 dollars).

Il s’agit de la deuxième réponse russe aux sanctions sans précédent imposées par l’Occident après l’invasion de l’Ukraine le 24 février. La première a consisté à interdire l’accès de son espace aérien aux avions de certains pays, après qu’une grande partie de l’Union européenne ait fermé son espace aérien aux avions russes.

Les sanctions prises par les alliés occidentaux à l’encontre de la Russie ont commencé à se retourner contre eux sous la forme de pertes potentielles importantes pour leurs propres banques, entreprises et investisseurs, souvent de manière inattendue, rapporte Reuters mardi.

De Société Générale SA et BP Plc en Europe à Citigroup Inc aux États-Unis, les entreprises occidentales ont comptabilisé des milliards de dollars dettes à la Russie. Selon les estimations d’une grande banque américaine, les risques économiques encourus par l’Occident du fait de ses activité commerciales et de ses relations avec la banque centrale russe pourraient s’élever à 400 milliards de dollars.

Les entreprises coréennes qui font des affaires avec la Russie ont déjà exprimé leur inquiétude face à la dégringolade de la valeur du rouble.

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