Mark Rutte s’oppose à l’approfondissement de l’Union monétaire

Mark Rutte [European Parliament]

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a déclaré que l’UE devrait utiliser les instruments déjà disponibles pour soutenir les réformes et protéger l’euro. Il s’était déjà montré très critique d’une plus grande intégration du bloc.

Lors d’une séance plénière au Parlement européen, le 13 juin, le Premier ministre libéral des Pays-Bas a prononcé un discours passionné sur l’unité européenne. Mais pour lui, « l’unité et une union plus intégrée ne sont pas la même chose. »

Rutte et Schulz, deux visions opposées de l'avenir de l’Europe

Le Premier ministre néerlandais et l’ancien président du Parlement européen se sont affrontés sur la stratégie de relance de l’Europe au Forum de Davos, illustrant les divisions profondes au sein de l’UE.

Les États membres restent profondément divisés sur la solidarité dont ils devraient faire preuve sur des questions comme l’immigration ou la zone euro.

Mark Rutte s’est opposé à des idées émises par certains pays, comme la France, et la Commission européenne pour renforcer l’Union économique et monétaire.

« La promesse de base de l’euro était qu’il nous apporterait à tous une plus grande prospérité – et non une redistribution de la prospérité », a-t-il déclaré aux eurodéputés, avant d’ajouter : « Les plaidoyers en faveur de la création d’une union de transfert vont à l’encontre de cette promesse. »

Le Premier ministre néerlandais s’est non seulement opposé aux propositions susceptibles d’aboutir à une union budgétaire, comme le budget de la zone euro défendu par la France, mais il a également rejeté les propositions moins ambitieuses de la Commission visant à mettre en place un système de prêts bonifiés pour soutenir l’investissement et un nouveau fonds pour encourager les réformes structurelles dans les États membres.

L’UE propose des financements pour limiter le chômage

La Commission va mettre en place des prêts bonifiés accessibles aux Etats membres touchés par une hausse soudaine du chômage. Le mécanisme est jugé peu ambitieux par la gauche européenne.

Mark Rutte a défendu l’utilisation de ressources pour atteindre un plus haut niveau de convergence parmi les économies nationales, mais en ayant recours aux outils déjà disponibles.

« Nous avons déjà des centaines de milliards d’euros disponibles dans le budget européen pour soutenir les réformes structurelles au niveau national », a-t-il rappelé.

L’UE doit faire moins de promesses et plus les tenir

Alors que les divergences entre les capitales se multiplient à la veille du sommet européen prévu à la fin du mois, Mark Rutte affirme que « l’unité est le fondement de notre force ».

Selon lui, l’UE devrait cependant se limiter à des « tâches essentielles » où l’Union peut promouvoir « son efficacité, sa force et son identité ». « L’UE doit moins promettre et mieux tenir ses promesses », a-t-il insisté.

À cet égard, il a présenté aux eurodéputés une proposition, une demande et quelques lignes rouges avant la réunion cruciale avec les dirigeants de l’UE.

Il a appelé les États membres et les députés européens à augmenter l’objectif de réduction des émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030, au lieu des 40 % actuels.

Il a exhorté les colégislateurs à libérer tout le potentiel du marché unique, en particulier dans le secteur des services, car « nous ne pouvons pas laisser passer 1000 milliards d’euros supplémentaires par an ».

Les États membres se braquent contre la hausse du budget de l’UE

La proposition d’augmenter modérément le budget européen a immédiatement été rejetée par une partie  États membres. Une position qui augure d’une rude bataille budgétaire à venir.

Il a affirmé que le prochain budget pluriannuel de l’UE (2021-2027) devait être plus modeste, même si les États riches devraient payer plus, « mais pas de manière disproportionnée ».

Il a également souligné que l’UE devrait moins se concentrer sur les priorités d’hier, telles que la cohésion ou l’agriculture, mais aussi réformer « la substance même de ces domaines politiques ».

Sur fond de tensions croissantes avec le président américain Donald Trump après la catastrophique réunion du G7 au Canada, Mark Rutte a convenu que « la relation avec notre plus important allié n’est plus évidente ».

Mais contrairement à d’autres dirigeants de l’UE, il a déclaré que les Européens « [devaient] continuer à travailler aussi étroitement que possible avec les États-Unis ».

Face à l’instabilité et aux défis en provenance de Russie ou de Chine, Mark  Rutte estime que « maintenant plus que jamais », l’Europe doit être unie pour déterminer son avenir.

Selon lui, le bloc est difficile à définir en raison de sa diversité, mais facile à reconnaître grâce à ses valeurs communes.

« Nous n’avons pas besoin de nous mettre d’accord sur tout – et nous ne le ferons probablement pas aujourd’hui – pour reconnaître la valeur de l’unité dans un monde en mutation rapide », a-t-il conclu.

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