Selon un rapport des députés européens, empêcher la libre circulation des travailleurs des pays d’Europe centrale et orientale a contribué au travail clandestin et pseudo-indépendant.
Le rapport volontaire adopté par le Parlement européen le 5 avril 2006 a été élaboré par le député européen hongrois conservateur Csaba Öry. Il s’agit d’une réaction au rapport de la Commission sur le fonctionnement des dispositions transitoires visées au traité d’adhésion de 2003, qui a été publié en février 2006 étant donnée l’expiration de la première phase du système 2+3+2 ans le 30 avril 2006. D’ici cette date, les Etats membres devront avoir indiqué leur position sur la question de la libre circulation des travailleurs.
Le rapport du Parlement confirme en grande partie les résultats de la Commission selon lesquels le Royaume-Uni, l’Irlande et la Suède, qui n’ont pas exclu les travailleurs en provenance des huit nouveaux Etats membres soumis au système, ont tiré des bénéfices sur le plan économique de leur décision. D’autre part, la décision d’exclure les travailleurs prise par les douze anciens Etats membres restants ne s’est pas avérée très profitable et a généré des problèmes et des distorsions sur le marché du travail de ces pays. Selon le rapport, ces problèmes portent entre autres sur le niveau élevé de travail clandestin et pseudo-indépendant constaté sur leur territoire, ainsi que « dans certaines régions, une exacerbation de la pression salariale », des conditions de travail déloyales et l’exploitation des travailleurs migrants.
Les députés européens ont invité la Commission à apporter des données statistiques comparables, lors de l’expiration de la seconde phase des mesures transitoires, pour évaluer l’impact de l’immigration des travailleurs. La Finlande, l’Espagne et le Portugal ont annoncé qu’ils supprimeront leurs mesures transitoires le 1er mai 2006. La France les supprimera progressivement sur une plus longue période. L’Allemagne, l’Autriche et la Belgique les prolongeront au moins jusqu’en 2009. Les cinq anciens pays membres restants (Danemark, Pays-Bas, Luxembourg, Italie et Grèce) ne se sont pas encore prononcés.
