Selon M. Barroso, les plans d’action de Lisbonne sont un effort dans le bon sens mais ne sont pas su

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Après avoir reçu les plans d’action nationaux sur la croissance et l’emploi de tous les Etats membres, la Commission a présenté son premier rapport annuel sur la stratégie de Lisbonne, qui est peu optimiste.

S’exprimant devant les journalistes à Bruxelles le 25 janvier 2006, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré : « Mon message est clair, il est temps de passer la vitesse supérieure. […] Nous avons parcouru un long chemin depuis l’an dernier et les fondations qui conviennent sont à présent en place. […] Les projecteurs sont désormais braqués sur la concrétisation. » Le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, responsable des entreprises et de l’industrie, a comparé les 25 Etats membres à un groupe de navires. « Le convoi a quitté le port et se dirige lentement dans la bonne direction – pas tous à la même vitesse mais le processus encourage les navires plus lents à accélérer le rythme. »

Interrogé sur le fait que certains plans d’actions nationaux sont très différents des autres en terme de qualité, le commissaire Verheugen a reconnu : « Il est vrai que la qualité varie selon les plans mais je suis plus que satisfait de voir que le processus est lancé. » Le président de la Commission européenne a refusé de nommer les pays qui obtiennent de moins bons résultats que les autres, indiquant qu’il vaut mieux, selon lui, un effort en commun que de « nommer et stigmatiser » les Etats membres pour leurs erreurs. 

M. Barroso a précisé qu’il ne croyait pas non plus en un système de sanctions semblable à celui établi pour le Pacte de stabilité et de croissance : « Les Etats membres ne l’accepteraient pas et nous voulons faire ceci en partenariat avec eux. Nous espérons que les Etats membres accepteront cette sorte de révision des pairs, de contrôle collectif. » 

Le député européen PPE-DE, Alexander Radwan, a déclaré : "La hausse des dépenses dans le domaine de la recherche n'aura de la valeur que si la recherche peut être mise en pratique. En ce sens, l'Europe est à la traîne. Quel bénéfice si les chercheurs européens proposent un ensemble d'idées et que ces dernières sont réalisées aux Etats-Unis et en Chine?"

Pour le Groupe PSE, qui a publié son propre commentaire approfondi sur la stratégie révisée de Lisbonne, le député européen Hannes Swoboda  a indiqué : "Les actions européennes sont non seulement freinées par un manque de fonds et un cadre budgétaire minimaliste mais aussi par des règlementations financières qui entraînent des charges bureaucratiques inutiles et requièrent de la part des petites et moyennes entreprises d'impossibles garanties, surtout pour des crédits destinés à la recherche. [...]  Davantage d'investissements publics sont nécessaires, notamment en provenance du budget communautaire. Des mesures urgentes s'imposent aussi pour faciliter les investissements privés."

Le dirigeant du groupe ALDEGraham Watson,  a déclaré : "Les Etats membres sont les principaux responsables du succès ou de l'échec des objectifs de Lisbonne de croissance économique. La Commission peut apporter de l'eau aux Etats membres mais ne peut pas les faire boire. C'est désormais à chaque gouvernement national de prendre ces recommandations au sérieux et de s'engager, lors du Conseil européen de Printemps, à respecter leurs Programmes de réforme nationaux et apprendre des meilleures pratiques en vigueur dans l'Union."

John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des Syndicats (CES), a déclaré : "La Commission doit comprendre qu’une concurrence excessive, au détriment des conditions de travail, se traduit par une baisse de la productivité et de l’innovation et non l’inverse. Des travailleurs qui se sentent menacés ou même exploités sont moins enclins à investir dans la productivité et résistent au changement."

Le président d'Eurochambres, Pierre Simon,  a pour sa part indiqué : "Je pense que la Commission, de façon silencieuse et diplomatique, confirme la réaction de la communauté des entreprises aux Programmes de réforme. Ils manquent d'ambition. Les PRN n'apporteront pas à l'Europe les réformes radicales nécessaires pour regagner de la compétitivité : ils ne permettront que de faibles progrès, et encore faut-il qu'ils soient effectivement mis en oeuvre."

Le président de l'UNICE, Ernest-Antoine Seillière, a déclaré : "L'absence de croissance est à la racine des problèmes de l'Europe. Les programmes de réforme nationaux sont une avancée. Mais de nombreux programmes manquent d'ambition lorsqu'il s'agit de mettre en oeuvre concrètement les réformes annoncées. Nous devons aller au-delà d'un simple diagnostic des problèmes de l'Europe et commencer une thérapie avec un processus de gouvernance clair. Les partenaires sociaux européens sont invités à jouer un rôle. L'UNICE est prête à participer à condition que cette thérapie porte sur les vrais problèmes."

 

Dans son évaluation, la Commission a défini quatre domaines prioritaires où il faut davantage d'initiatives. En plus de demander régulièrement davantage d'investissements dans le domaine de la recherche et du développement, davantage de mesures de soutien pour les PME et pour des taux d'activité plus élevés, la Commission s'est penché sur un nouveau domaine, qui ne faisait pas jusqu'à présent partie de la stratégie de Lisbonne : la nécessité de définir une politique énergétique européenne commune. 

  • Lors du Conseil de Printemps des 23-24 mars 2006, la Commission attend des engagements clairs notamment de la part des Etats membres qui n'ont pas atteint l'objectif de Lisbonne de 3% du PIB pour leurs dépenses dans le domaine de la recherche et du développement. 
  • Les gouvernements doivent présenter leur rapport sur la mise en oeuvre des PRN d'ici octobre 2006.

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