L’Espagne s’allie à la Pologne contre la directive sur les travailleurs détachés

La Première ministre polonaise Beata Szydło et le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, à Varsovie, le 30 juin dernier. [Radek Pietruzska/ EPA] [Radek Pietruzska/ EPA]

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy et son homologue polonaise, Beata Szydło, ont réaffirmé la semaine dernière leur engagement envers le projet européen, mais ont exprimé leurs inquiétudes par rapport à la directive sur les travailleurs détachés. Un article de notre partenaire EFE.

Lors du sommet, les deux dirigeants se sont promis de collaborer davantage sur plusieurs thématiques, notamment sur l’avenir de l’UE, un sujet sur lequel la rencontre s’est clôturée.

Beata Szydło, accusée par l’opposition de son pays d’être « anti-européenne », a insisté sur le fait que la Pologne et l’Espagne partageaient la même vision d’une UE « forte et consolidée ». Cela veut dire, selon elle, que les deux pays s’opposent à toute barrière ou à tout obstacle qui entraverait la libre circulation des personnes, des biens, des produits et des services.

La dirigeante polonaise a également ajouté qu’elle n’était pas une grande fan de la nouvelle directive de Bruxelles sur les travailleurs détachés.

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L’objectif de la directive est de s’assurer que les travailleurs employés de manière temporaire dans un État membre autre que le leur bénéficient du même salaire et des mêmes normes du travail que dans leur pays.

Les travailleurs passant plus de trois jours dans un autre État membre seront soumis à la directive. Cela entrainerait une hausse des coûts pour les entreprises qui envoient leurs employés dans un pays où le coût salarial est plus élevé, par exemple pour une société polonaise qui envoie ses travailleurs en Allemagne.

Mariano Rajoy craint quant à lui que la directive soit néfaste pour le secteur du transport, et estime qu’un délai de « trois jours » n’a aucun sens, puisqu’il va à l’encontre du principe de liberté de mouvement. Pour lui, le secteur du transport devrait être exempté de la directive, et si ce n’est pas le cas, alors une limite de trois jours est « inacceptable ».

Le Premier ministre espagnol a reconnu qu’il avait déjà discuté de cette question avec Emmanuel Macron à Paris début juin et que son gouvernement aiderait à trouver une solution qui convient à tout le monde.

Beata Szydło a elle aussi admis que la Pologne et les partenaires d’Europe de l’Est étaient en contact avec le Président français, l’un des défenseurs de la directive, et qu’elle espérait qu’un accord puisse être atteint tout en reconnaissant la difficulté de la situation.

 

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Les deux dirigeants ont déclaré que leurs délégations respectives avaient défendu les projets européens en matière de lutte contre le terrorisme, d’amélioration de la défense ainsi que le cadre financier pluriannuel, qui, pour Mariano Rajoy est indispensable pour maintenir des politiques robustes en matière de cohésion et d’agriculture.

« Nous ne sommes pas favorables à l’abandon de tout ce qui a été accompli. Il y a des changements à faire, mais ils font partie d’une évolution, pas d’une révolution qui entrerait en rupture avec tout ce que nous avons », a-t-il souligné.