L’Espagne envisage un plan de sauvetage à 11 milliards d’euros pour aider les PME

Le gouvernement espagnol devrait approuver un plan de sauvetage de 11 milliards d’euros d’ici à la fin du mois pour soutenir les petites et moyennes entreprises sévèrement touchées par la pandémie de Covid-19. [EFE/ Chema Moya]

Le gouvernement espagnol devrait approuver un plan de sauvetage de 11 milliards d’euros d’ici à la fin du mois pour soutenir les petites et moyennes entreprises sévèrement touchées par la pandémie de Covid-19. Un article de notre partenaire Euroefe.

Des sources proches des négociations, qui se sont tenues ce week-end, ont révélé que la ministre espagnole des Finances Nadia Calviño (PSOE) ne s’était prononcée en faveur de l’allocation que d’une partie de ces fonds sous la forme d’aides financières directes pour les secteurs les plus gravement touchés, notamment les forces motrices de l’économie du pays : le tourisme et les services.

Au total, seulement deux milliards d’euros du plan de sauvetage ont été inscrits comme subventions directes, le reste sera vraisemblablement versé par d’autres moyens.

« Il n’est pas ici question d’octroyer plus d’emprunts », mais d’analyser les besoins réels des secteurs les plus touchés, a appuyé Mme Calviño la semaine dernière.

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Besoin d’aide urgente

La ministre espagnole du Travail Yolanda Dìaz a admis lors d’un entretien avec RNE dimanche (7 mars) que les mécanismes de licenciement temporaire ne sauveraient pas les milliers d’emplois à risque à l’heure actuelle. Des aides directes seront bientôt nécessaires, a-t-elle ajouté.

Le gouvernement espagnol a établi un programme ambitieux en avril 2020 pour sauver des milliers d’emplois menacés par les fermetures d’entreprises à la suite de la pandémie. Pour l’heure, environ 900 000 de travailleurs bénéficient de ces mécanismes, connus sous l’acronyme ERTE.

Les bénéficiaires de ces plans sont officiellement perçus comme employés, et non chômeurs. Le taux de chômage à l’échelle nationale a atteint 16,13 % en 2020, l’année la plus sombre depuis 2012, d’après les analystes.

Conformément aux ERTE, l’État espagnol couvre 70 % de l’ancien salaire des travailleurs et interdit aux sociétés de limoger leurs employés. En cas de fraude ou de licenciement, les entreprises sont contraintes de restituer les cotisations sociales sous peine de lourdes sanctions.

La crainte de sociétés « zombies »

D’après des sources proches du ministère espagnol des Finances, le gouvernement souhaite éviter que de l’argent frais soit versé à des sociétés « zombies » (ou fantômes) ; celles qui ont peu de chances de surmonter les répercussions de la crise sur le moyen terme.

Certaines des nouvelles mesures débattues par la coalition gouvernementale de gauche (PSOE/Unidas Podemos) incluent un plan pour la recapitalisation des sociétés et la conversion de crédits en d’autres instruments de capitaux.

Madrid a déjà promis de créer une aide directe de plus de 2 % du PIB national cette année.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a certes annoncé le plan de sauvetage en février 2021, mais à l’époque il avait suscité les critiques de l’opposition et des représentants des entreprises en raison des lacunes de sa feuille de route.

La banque centrale espagnole et le secteur des affaires ont appelé plusieurs fois les autorités à mettre en place des aides directes pour aider les PME et les indépendants. Affaire à suivre.

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