La riposte des taxis européens s’organise face à Uber

Face à Uber, les conducteurs de taxi s'organisent. [Dirk Heine/Flickr]

Les taxis italiens, portugais et espagnol ont lancé la TaxiEurope Alliance (TEA), une organisation visant à défendre les droits des conducteurs de taxi et à contrer la concurrence jugée déloyale des plateformes telles qu’Uber.

Les applications et plateformes en ligne comme Uber « facilitent trop le dumping social à notre détriment », a déclaré Loreno Bittarelli, président de la coopérative italienne URItaxi et coprésident de la toute nouvelle TaxiEurope Alliance (TEA), créée principalement pour contrer la concurrence « déloyale » d’Uber.

« La compétition, c’est positif, ça inspire des améliorations », a cependant fait remarquer Miguel Ángel Leal, président de FEDETAXI, l’association des taxis espagnols, et coprésident de la TEA.

Depuis son arrivée en Europe il y a cinq ans, la firme américaine Uber affronte les entreprises de taxi, qui l’accusent de contourner les règles de sécurité et de délivrance de permis.

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La position de la Commission sur l’économie de partage, très attendue, devrait être communiquée la semaine prochaine, et ouvrir la voie à des solutions pour les entreprises comme Airbnb ou Uber.

Dumping social

« Nous devons favoriser les acteurs européens », estime quant à lui David Sassoli, eurodéputé S&D lors du lancement de la TEA, qui estiment que les taxis ont connu trop de « développements négatifs » ces dernières années. Il trouve donc nécessaire d’introduire une législation réglementant le secteur, afin de refléter un « vrai marché européen ».

La nouvelle alliance exige que la Commission européenne force son principal concurrent à suivre les mêmes règles en ce qui concerne le respect du droit du travail, la prise en charge sécurisée des clients et l’impôt, comme toutes les entreprises européennes de taxi. « Les plateformes utilisées par nos concurrents ne respectent pas ces critères », assure-t-il.

L’un des objectifs de la TEA est de mettre en place des technologies mobiles respectant en tout point les réglementations européennes. Selon les membres de l’alliance, l’arrivée sur le marché d’acteurs comme Uber, qui ne respectent pas les règles, nuit à une concurrence libre et juste.

« Nous ne pouvons pas jouir de la libre concurrence face à ces plateformes. Elles ne sont pas liées par des réglementations », confirme Florencio Almeida, président de l’association portugaise ANTRAL et vice-président de la TEA. « Comment pourrions-nous leur faire concurrence ? »

Parmi les autres objectifs de la TEA figurent la promotion des bonnes pratiques et de la formation au sein de l’industrie, ainsi que le soutien aux réglementations durables et l’encouragement des taxis électriques. À l’avenir, l’association espère également participer à des programmes comme Horizon 2020 et Life+.

Elle représente plus de 100 000 conducteurs en Italie, au Portugal et en Espagne, mais espère bien attirer à elle d’autres associations européennes en améliorant la compétitivité de l’industrie. Cela passe notamment par la « rénovation du modèle traditionnel », afin de se maintenir à flot face à la privatisation des services qu’offre Uber et sa popularité croissante.

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Contexte

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