Tech for Good : Google, IBM, Deliveroo… les (petites) annonces des géants de la tech

Emmanuel Macron avait déjà réuni les géants de la Tech en 2018, sur le perron de l'Élysée, pour la première édition du sommet Tech for Good. [Charles Platiau]

C’est la deuxième édition de « Tech for Good », un  sommet visant à inciter les groupes du numérique à mettre les nouvelles technologies au service du bien commun. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les plus grands noms de la Tech mondiale se sont réunis à Paris mercredi 15 mai pour la deuxième édition du sommet « Tech for Good ». Organisée par l’Élysée, cette journée vise à inciter startups et grands groupes du numérique à mettre les nouvelles technologies au service du bien commun, et non de quelques-uns.

Sont présents, entres autres, Jack Ma (Alibaba, l’Amazon chinois), Ken Hu (Huawei), Dara Khosroshahi (Uber), Jimmy Wales (Wikipedia), Eric Leandri (Qwant) et Virginia Rometty (IBM). Comme l’année passée, les sociétés sont invitées à débattre sur la diversité, le futur du travail et l’éducation – thèmes déjà évoqués en 2018 – ainsi que l’environnement et l’inclusion numérique.

La première édition avait suscité de nombreuses critiques. Plusieurs acteurs de l’écosystème français de la tech à impact positif voyaient rouge de ne pas avoir été conviés au sommet. Ils reprochaient au chef de l’Etat de servir la soupe à des géants très peu éthiques comme Facebook, Palantir ou Uber, en les aidant dans leur opération de communication, pour améliorer leur image écornée par les multiples scandales. D’autant que les annonces faites par les géants de la Tech s’apparentaient à un concours du « plus offrant ».

Deliveroo recycle ses programmes existants

Cette année, au contraire, les annonces se font pour l’instant discrètes. La startup Deliveroo, régulièrement accusée de salariat déguisé à l’égard des livreurs obligés de recourir au statut d’auto-entrepreneur, a annoncé lundi 13 mai renforcer son « offre de formation faites aux livreurs avec des cours d’apprentissage en ligne gratuits pour créer son entreprise ».

Cela s’effectue dans le cadre d’un partenariat déjà existant avec la startup française OpenClassrooms. « Plus de 600 livreurs ont déjà pris part à ces cours », selon Deliveroo. La startup a aussi mis en avant son système de bourses d’études pour « un montant total de 100 000 euros », selon un communiqué de presse. L’idée est d’obtenir un niveau bac +3/4. La jeune pousse affirme que seulement 10 livreurs en France bénéficient déjà de ce programme.

En parallèle, Deliveroo a annoncé la possibilité pour ses livreurs souhaitant créer leur propre entreprise de présenter leur projet lors d’un concours baptisé « Big Pitch ». « Deliveroo sélectionnera dix livreurs pour participer à une session de travail d’une journée entouré de mentors experts. Cela aidera les finalistes à se préparer pour le ‘Big Pitch’, incluant des conseils financiers, sur la construction d’une marque, la logistique et la planification », selon le communiqué de presse.

Google promet 3 millions d’euros pour l’économie sociale

Google.org, l’organisation philanthropique du géant américain, a lancé lundi la deuxième édition de son « Impact challenge » en France. Elle a promis une enveloppe de trois millions d’euros à des projets d’économie sociale et solidaire. Ce concours vise à récompenser 10 ONG et entreprises qui facilitent l’accès aux outils numériques, notamment pour la recherche d’emplois. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 5 juillet.

En 2018, Google s’était engagé au versement de 100 millions de dollars sur cinq ans à des ONG dédiées à l’emploi en Europe, Afrique et Moyen-Orient. Vingt millions de dollars ont déjà été versés en un an, selon Jacquelline Fuller, la présidente de la philanthropie chez Google, a rapporté l’AFP.

Google, critiqué pour ses stratégies d’optimisation fiscale, affirme réinvestir chaque année 1% de ses bénéfices nets dans ses œuvres philanthropiques. En 2017, le géant américain est soupçonné d’avoir transféré vers le paradis fiscal des Bermudes près de 20 milliards d’euros.

IBM, Orange et BNP Paribas s’associent à l’Education nationale

Les trois entreprises, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, lancent un programme baptisé « P-TECH ». Lancé aux États-Unis dès 2011, il vise à « encourager l’égalité des chances, en permettant aux adolescents de tous milieux confondus de développer les compétences pour les métiers de demain », selon un communiqué de presse conjoint. Ce programme sera mis en place à la rentrée 2019 dans seulement deux classes de seconde professionnelle (Lycée la Tournelle à la Garenne-Colombes, Ile-de-France, et le Lycée Edmond Labbé à Douai, Hauts-de-France).

Ce programme permettra un « parrainage individuel, des simulations d’entretiens, de visites d’entreprise, des ateliers de formation ainsi que des stages », selon le communiqué de presse. « D’ici fin 2019, P-TECH sera déployé dans au moins 200 établissements au sein de 13 pays différents, pour environ 125.000 étudiants participants. L’Irlande, la France et le Royaume-Uni sont les trois pays européens à avoir mis en place P-TECH », promettent les trois entreprises.

Un engagement collectif sur la parité

Pour fédérer davantage cette année, sept engagements collectifs devraient être annoncés dans la journée. Pour l’instant, près de 45 groupes technologiques se sont déjà engagés à porter à 30% le taux de femmes dans le management et la direction d’ici 2022 – quand la moyenne dans ce secteur est à 15%, rapporte l’Élysée selon l’AFP.

Le texte prévoit que les entreprises qui ont déjà dépassé cet objectif continuent à progresser vers la parité, y compris dans les comités exécutifs. Parmi les signataires, figurent des géants mondiaux comme Alibaba, IBM, Uber et Booking.com ou encore les français Accor, BlaBlaCar, BNP Paribas Engie, TF1 et L’Oréal.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

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