Frans Timmermans promet une relance verte aux députés européens

Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Frans Timmermans. [EPA-EFE | Patrick Seeger]

Frans Timmermans, responsable du Green Deal au sein de la Commission européenne, a assuré que « chaque euro » dépensé pour les mesures de relance après la crise sanitaire serait lié aux transitions verte et numérique. Un article d’Euractiv Allemagne.

« Chaque euro que nous investissons doit alimenter une nouvelle économie plutôt que les anciennes structures. Nous devons éviter cela à tout prix », a déclaré Frans Timmermans à la commission de l’environnement du Parlement européen lors d’une vidéoconférence, mardi 21 avril.

« Le Green Deal européen est une stratégie de croissance et une stratégie gagnante », a ajouté le Néerlandais sur Twitter, à l’issue de la réunion.

Les appels en faveurs de plans de relance verts se multiplient en Europe

En Europe, ministres et citoyens réclament des plans de relance verts. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Cet échange avec des membres du Parlement européen a eu lieu deux jours avant que les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se réunissent lors d’un sommet qui aura lieu par vidéoconférence, afin de convenir d’un plan de relance après la crise du coronavirus.

En amont du sommet, une proposition de « feuille de route pour la relance » a été diffusée par Charles Michel, le président du Conseil européen, et par la Commission européenne. Le document stipule que « la transition verte et la transformation numérique joueront un rôle central et prioritaire dans la relance et la modernisation de notre économie ».

La stratégie comprendra un « Fonds européen de relance » alimenté par le budget de l’UE. Les détails du financement devront cependant être précisés par les dirigeants européens lors du sommet du 23 avril.

« L’Union européenne a besoin d’un effort d’investissement semblable au plan Marshall pour alimenter la reprise et moderniser l’économie », indique la feuille de route. « Cela signifie qu’il faut investir massivement dans les transitions verte et numérique et dans l’économie circulaire », précise-t-elle.

La Commission européenne planche actuellement sur un plan de relance pour l’Europe et s’apprête à présenter, le 29 avril, une nouvelle proposition pour le cadre financier pluriannuel (CFP), le budget septennal de l’UE.

Une crise sanitaire à 60 milliards d’euros par mois en France

La pandémie fait perdre 60 milliards d’euros de PIB en France par mois de confinement, selon les estimations de l’OFCE. Raison de plus d’accélérer la transition vers une société plus résiliente. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Lors de la réunion de la commission parlementaire, l’eurodéputé vert Bas Eickhout a exprimé ses inquiétudes : « Nous redoutons que le débat sur le budget de l’UE se concentre surtout sur l’extrapolation des investissements nécessaires, plutôt que de s’attacher à rendre le CFP vraiment plus vert. »

Au cours de la discussion avec les députés européens, Frans Timmermans a souligné que la législation européenne sur le climat jouerait un rôle clé dans le redémarrage économique de l’Europe après la pandémie.

« Nous pourrons apporter notre aide après la crise, par exemple en installant davantage de panneaux solaires, en aidant les familles à acheter des voitures neuves et [peu polluantes] ou en nous assurant que les agriculteurs puissent travailler en respectant davantage l’environnement. Mais pour cela, nous avons besoin de la discipline qu’offre une loi sur le climat », a-t-il indiqué.

Comme prévu, une étude d’impact sur les objectifs climatiques de l’UE revus à la hausse pour 2030 devrait être finalisée d’ici au mois de septembre. Selon Frans Timmermans, elle intégrera les données économiques les plus récentes. Le Néerlandais a précisé qu’il exerçait une pression maximale sur la Commission pour que l’échéance soit respectée.

En raison de la crise du coronavirus, la Commission est en train de réorganiser son programme de travail pour 2020. La stratégie « de la ferme à la table » et celle sur la biodiversité, qui auraient dû être présentées à la fin mars, ont été reportées au 29 avril et seront probablement encore ajournées.

Frans Timmermans a cependant assuré aux eurodéputés qu’il ne faudrait « pas des mois, mais quelques semaines » encore pour que ces deux initiatives soient en mesure d’être présentées.

Demandes des lobbys rejetées

Alors que la crise du coronavirus fait rage, certains députés européens ont demandé le report ou la suspension de certaines lois environnementales.

Parmi eux figure la députée européenne italienne d’extrême droite Silvia Sardone : « De nombreuses entreprises ferment, beaucoup de gens ne savent pas comment aller de l’avant et vous voulez parler des gobelets en plastique ou que l’on s’interroge pour savoir si nous devons augmenter nos objectifs climatiques à 50% ou 55% », a-t-elle déclaré lors de l’échange avec Frans Timmermans.

Plusieurs groupes d’entreprises ont demandé que les lois environnementales soient assouplies ou reportées pendant la pandémie. Dans une lettre envoyée il y a deux semaines, l’association patronale européenne BusinessEurope plaidait pour que tous les éléments « non essentiels » du Green Deal, tels que le projet de loi sur le changement climatique, le durcissement des limites d’émission pour l’industrie ou la réforme du système d’échange de quotas d’émission de carbone, le SEQE, soient ajournés.

L’association professionnelle European Plastics Converters (EuPC) a également approché la Commission récemment pour lui demander le report de l’interdiction des plastiques jetables.

« Je n’ai pas du tout apprécié ces lettres », a souligné Frans Timmermans.

À l’inverse, en Allemagne, une alliance de 189 entreprises, associations industrielles, groupes de réflexion et ONG a envoyé, le 20 avril, une lettre à la chancelière Angela Merkel et à d’autres ministres, appelant à une reprise verte après la crise du COVID-19.

Dans cette missive, ils demandent que la reconstruction économique soit fondée sur des objectifs climatiques et que les plans de transition énergétique soient garantis.

« Il ne tient qu’à eux d’utiliser la pause économique forcée provoquée par le COVID-19 pour effectuer un redémarrage durable de notre économie. L’Allemagne doit jouer un rôle de pionnier en Europe et dans le monde à cet égard », stipule la lettre.

De nombreux appels sont également lancés au niveau international, plaidant pour le respect du Green Deal européen malgré la récession économique. Parmi eux figure une lettre signée par les ministres de l’Environnement de 17 États membres de l’UE et de l’Alliance verte pour la relance, qui regroupe 79 députés européens et des dizaines d’associations professionnelles, d’ONG et de groupes de réflexion.

Une « alliance pour une relance verte » se forge au sein du Parlement européen

Répondant à l’appel de 12 ministres européens de l’Environnement en faveur d’une reprise « verte » après la pandémie de COVID-19, des eurodéputés issus de tous les horizons politiques ont décidé de constituer une alliance informelle au sein du Parlement européen.

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