Exclusif. Alexei Tsipras, Jeremy Corbyn, et Matteo Renzi notamment se retrouveront à Paris, pour un pré-sommet européen exceptionnel, avant la réunion des 18 et 19 février à Bruxelles.
L’Elysée a déjà accueilli plusieurs fois des réunions de chefs d’Etat et de gouvernement de gauche, juste avant les conseils européens. Cette fois, c’est différent. C’est en effet la première fois qu’Alexis Tsipras, le leader de Syriza, premier ministre de la Grèce depuis un an, se joindra à la réunion des socialistes européens, a expliqué une source bien informée à EURACTIV.
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Jusqu’alors, les pré-conseil rassemblaient socialistes, démocrates, et la SPD de Martin Schulz et Sigmar Gabriel. L’arrivée du parti souvent classé du côté de la gauche radicale sur l’échiquier peut donc surprendre.
« Tsipras, c’est Mélenchon », assurait il y a un an un ministre du gouvernement de Manuel Valls. Mais les choses ont bien changé. La France a tissé une relation spéciale avec le dirigeant grec, notamment l’été dernier durant les tentatives de résolution de la crise grecque.
Un épisode, notamment, a soudé les deux parties. Le président français est en effet parvenu à renouer le contact au petit matin du week-end du 14 juillet avec le Premier ministre grec qui était prêt à lâcher l’affaire. Depuis, les relations sont plus sereines.
Le Premier ministre grec a également accordé ses violons avec Gianni Pitella, numéro un des socialistes au Parlement européen.
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La présence de Jeremy Corbyn sera également une première. Le leader du parti travailliste britannique, élu cet été, et typiquement à la gauche du Labour, soutient du bout des lèvres le non au Brexit, qui représentera le principal point de friction du sommet européen. Mais le Britannique est plutôt connu pour ses positions eurosceptiques en général.
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Le principal sujet du conseil européen des 18 et 19 février portera sur le referendum du Brexit. Le Premier ministre conservateur, David Cameron, devrait défendre la position anti-Brexit après avoir négocié des contreparties, qui devraient être connues cette semaine.
Dans le bras de fer que le Royaume-Uni joue de nouveau avec l’Union européenne, la France insiste sur des « lignes rouges » à ne pas franchir. Le fait que la France accueille un pre-conseil européen à Paris avec les leaders de gauche, plus de gauche radicale est aussi une façon de montrer à David Cameron l’état des forces en présence. Si la droite dispose d’une large majorité au Parlement européen et donc à la Commission, l’évolution des forces politiques depuis 2014 témoigne d’un regain des forces de gauche.
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