Tsipras annonce la fin du programme de sauvetage en 2018

19338769219_e4b508d032_z [GUE/NGL/Flickr]

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a indiqué que la mise en ordre des finances publiques fonctionnait bien et que le pays pourrait se passer du plan de sauvetage dès août 2018.

Face à la presse grecque, Alexis Tsipras a exprimé son optimisme quant au troisième examen du plan de sauvetage, assurant qu’il serait bientôt clôturé et que les prérequis discutés avec les créanciers du pays ne causeront aucune « surprise ».

« Notre plan a des résultats positifs […] Le pays sortira du mémorandum en août 2018. Même ceux qui se sont montrés plus prudents par le passé devront le reconnaitre », a indiqué le Premier ministre grec, le 30 octobre.

Il y a quelques jours, le Conseil des directeurs du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui supervise les prêts de la zone euro à la Grèce, a autorisé le déblocage de 0,8 milliard d’euros pour que la Grèce « apure des arriérés », a indiqué le MES dans un communiqué.

Athènes est sous le coup d’un plan d’aide de la zone euro de 86 milliards d’euros, le troisième, signé en juillet 2015 en raison de ses difficultés à rembourser des créances, conjuguées à une dette colossale (180% du PIB).

Dans le cadre de ce programme censé se terminer en août 2018, 40,2 milliards ont déjà été déboursés en échange d’un engagement du gouvernement grec à mener des réformes économiques et sociales, dont des privatisations.

Le directeur du MES, Klaus Regling, a salué les efforts faits par le gouvernement Tsipras pour solder les retards de paiement de l’État, s’assurant « satisfait » de l’engagement continu d’Athènes

« Le montant des arriérés réduit ces derniers mois signifie que la Grèce a dépassé l’objectif qui lui avait été fixé par le programme, et cela devrait avoir un impact positif sur l’économie du pays », a-t-il expliqué.

« Cette nouvelle étape positive fait suite à une évaluation des progrès réalisés par la Grèce dans le règlement de ses arriérés. Cela démontre une nouvelle fois que la Grèce tient ses engagements », a pour sa part estimé le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici.

Les dix-neuf pays de la zone euro espèrent désormais « finaliser rapidement la prochaine revue » des réformes menées en Grèce, afin de pouvoir mettre un terme au programme « à l’été 2018 », selon le commissaire.

La Grèce repose un petit pied sur les marchés

Après trois ans d’absence, la Grèce a fait, mardi, un retour en bourse réussi. Pour Kostas Botopoulos, ancien président de l’autorité grecque des marchés financiers, la prudence s’impose. Un entretien de notre partenaire, Ouest-France.

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L’ancien ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, estime que la Grèce est sortie du cauchemar de la crise, après une purge dont il reconnaît qu’il n’aurait pas souhaité l’imposer aux Allemands, dans un entretien diffusé par la télévision grecque Skaï TV.

« Moi-même je n’aurais pas voulu être contraint d’imposer de telles réformes en Allemagne », a affirmé avant de quitter ses fonctions le grand argentier qui a été élu président du Bundestag, la chambre des députés.

Il exclut pour autant toute toute auto-critique sur son traitement de la crise grecque, renvoyant sur les gouvernements du pays, le FMI, la BCE et la Commission européenne, la responsabilité des plans de redressement. « Ce n’est pas moi qui ai décidé », insiste le conservateur allemand de 75 ans au profil de père Fouettard de la zone euro. Il nie aussi, à l’encontre de nombreux témoignages de ses homologues, avoir été à l’origine à l’été 2015 d’un projet de sortie provisoire de la Grèce de la zone euro.

La crise grecque a rapporté plus de 1 milliard d’euros aux finances allemandes

Entre les prêts accordés à Athènes et les programmes de rachat de titres de dette, les organismes allemands ont récolté 1,34 milliard d’euros depuis le début de la crise. Un article de notre partenaire La Tribune.

Ce vétéran de la zone euro juge toutefois que les plans successifs de redressement suivis par le pays lui ont permis de sortir de ce que le journaliste grec qualifie de « cauchemar »: « Il est fini, en 2017 les chiffres montrent que la situation se redresse ».

« Nous considérons que la Grèce va se redresser sans prise de nouvelles mesures et va retrouver accès aux marchés » comme prévu en août 2018, a-t-il insisté, selon la traduction grecque de ses propos.

Il a réaffirmé en conséquence qu’un allègement supplémentaire de la dette – notamment réclamé par le FMI et évoqué par le président américain Donald Trump après des entretiens avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras – « ne sera pas nécessaire ».

« Le problème de la Grèce pour la prochaine décennie n’est pas la dette » qui caracole à 180% du PIB, « mais la poursuite » des réformes, a-t-il cependant poursuivi, mettant en garde les Grecs contre tout « retour en arrière ».

Il se refuse à commenter les inquiétudes suscitées à Athènes par la perspective que son poste de ministre allemand des Finances échoie aux Libéraux du FDP, suspectés de souhaiter une sortie grecque de la zone euro.

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