Plus que 2 siècles pour parvenir à l’égalité hommes-femmes…

Les femmes sont toujours sous-représentées sur le marché du travail et à des postes importants. [Monkey Business Images/Shutterstock]

La réduction des inégalités hommes-femmes au travail progresse lentement. Au rythme actuel, il faudrait 202 ans pour atteindre la parité économique, selon une étude du Forum économique mondial.

Le mouvement #Metoo a-t-il servi à quelque chose ? Peut-être. Selon le derrnier rapport sur les inégalités entre les sexes du Forum économique mondial, l’écart de rémunération entre hommes et femmes s’est légèrement réduit en 2018. L’année d’avant, celui-ci s’était légèrement accru pour la première fois depuis 2006, date du premier de ces rapports.

Des améliorations limitées ont été enregistrées dans 89 des 144 pays examinés. Certains indicateurs montrent pourtant des détériorations inquiétantes, et les femmes sont toujours sous-représentées sur le marché du travail et en politique. Les chefs d’État ne sont des femmes que dans 17 pays. Au niveau mondial, seuls 18 % des ministres et 24 % des parlementaires sont féminines.

Si l’écart continue de se réduire au rythme actuel, il faudrait 108 ans pour atteindre la parité de représentation et 202 ans pour atteindre la parité économique.

« Des mesures proactives visant à soutenir la parité et l’inclusion sociale et à redresser les déséquilibres historiques sont donc essentielles pour la santé de l’économie mondiale, ainsi que pour le bien des sociétés », estime Klaus Schwab, fondateur et président exécutif de l’organisation.

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Quatre axes

Le rapport se penche sur quatre axes principaux : les possibilités économiques, l’inclusion politique, les accomplissements éducatifs et la santé.

L’accès des femmes à la santé et à l’éducation a ainsi régressé cette année, tout comme leur représentation en politique. Des progrès n’ont été enregistrés que dans le secteur économique, grâce au rétrécissement de l’écart salarial – à près de 51 % encore – et au nombre de femmes dirigeant des entreprises – 34 %.

Toutefois, l’impact disproportionné de l’automatisation des emplois traditionnellement occupés par des femmes et l’absence de structures leur permettant de retourner sur le marché du travail (notamment en termes de garde d’enfants ou de soin aux personnes âgées) désavantagent les travailleuses.

Les femmes continuent en outre à être sous-représentées dans les secteurs prometteurs émergeant de la révolution numérique, qui s’appuient sur des compétences scientifiques, technologiques, mathématiques et d’ingénierie, qui attirent traditionnellement plus d’hommes.

« Les pays qui veulent rester compétitifs et inclusifs devront faire de l’égalité des genres une partie essentielle des développements de leur capital humain », jugent les auteurs du rapport. « Pour fermer l’écart salarial, il sera nécessaire de favoriser les échanges de bonnes pratiques entre pays et les coopérations privé-public. »

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L’Islande à la pointe

L’Islande reste le champion mondial de l’égalité entre les genres, pour la dixième année consécutive. L’île est suivie de près par la Norvège, la Suède et la Finlande. À la cinquième et sixième place, on trouve le Nicaragua et le Rwanda, qui éclipsent de loin la plupart des pays développés.

Les États-Unis perdent quant à eux quelques places au classement et se retrouvent au 51e rang. Si la représentation et la participation économique se sont améliorées, cela ne permet en effet pas de corriger le manque de femmes à des postes ministériels.

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