Une stratégie bas-carbone pour sortir de la crise

Le laboratoire d’idées I4CE a publié son scénario de transition climatique pour sortir de la crise. Il s’appuie sur une aide publique additionnelle de 7 milliards d’euros par an. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Une dizaine de jours après le début du confinement en France, alors que les aides financières d’urgence se multiplient, les voix en faveur d’une société plus résiliente aux chocs sanitaire, économique, et climatique tentent de se faire entendre.

Parmi elles, l’Institut pour l’économie du climat (I4CE), évalue à 7 Md€ par an les financements publics additionnels nécessaires pour mobiliser l’économie française en faveur du climat de 2020 à 2023. Cette enveloppe serait abondée par l’État (4,3 Md€), les collectivités locales (2,1 Md€ d’investissements et de co-financements) et les entreprises publiques gestionnaires d’infrastructures (0,6 Md€ d’engagements). À noter que le « think tank » a judicieusement écarté toute hausse de la taxe carbone de son scénario.

Les autres financements engagent les banques publiques (2,3 Md€), les fournisseurs d’énergie (1,3 Md€ dans le cadre des certificats d’économie d’énergie) et les banques commerciales (1,2 Md€). Au total, cette manne additionnelle doit irriguer sept secteurs-clés de la transition, qui représentent deux tiers des investissements bas-carbone de l’Hexagone.

3,4 Md€ dans la rénovation

I4CE, qui a déjà chiffré l’application de la SNBC et de la PPE, cible tout d’abord la rénovation énergétique des logements privés (le financement public passerait de 1,9 à 2,1 Md€ par an) et des bâtiments tertiaires publics et privés (de 0,5 à 1,3 Md€).

10,1 Md€ dans les transports et l’électricité

Cette stratégie de relance mise aussi sur le développement des voitures bas-carbone (de 0,2 à 1 Md€), les infrastructures de transport en commun urbains (de 1,6 à 2,5 Md€) et ferroviaires (de 1,7 à 2,7 Md€), les aménagements cyclables (1,6 Md€) et la production d’électricité renouvelable (de 1,6 à 2,3 Md€). À noter que l’agriculture et l’alimentation ont été exclues de ce scénario.

Le spectre de 2008

Un scénario qui veut à tout prix éviter les écueils qui ont suivi la crise financière de 2008. « Le plan de relance européen suite à la crise était peu ambitieux financièrement et globalement indéterminé, avec des financements défavorables au climat et finalement beaucoup d’occasions manquées », rappelle Patrice Geoffron, professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine et expert à la Convention citoyenne pour le climat.

Un plan de relance tricolore à la hauteur des objectifs climatiques permettrait aussi à la France d’accroître sa crédibilité face à l’Union européenne et d’augmenter l’ambition du Green deal européen.

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