Vives réactions en Allemagne contre la réforme de la zone euro

Angela Merkel, Jean-Claude Juncker et Emmanuel Macron le 19 juin à Meseberg.EPA-EFE/FILIP SINGER

L’opposition croissante à laquelle Angela Merkel fait face s’est insurgée contre l’accord signé entre France et Allemagne prévoyant la création en 2021 d’un budget de la zone euro.

Pour de nombreux Allemands, à droite comme à gauche, l’idée de créer un budget de la zone euro frôle l’hérésie. La déclaration commune de Meseberg entre la France et l’Allemagne du 19 juin a donc suscité de vives réactions. Elle reste pourtant vague puisqu’elle n’évoque la création d’un budget pour la zone euro qu’en 2021, et sans préciser de montant.

Le ministre-président de Bavièrea notamment dénoncé l’accord franco-allemand. Il a déclaré que l’argent du contribuable allemand ne devait pas servir à aider d’autres pays en difficultés.

Pour Markus Söder, l’une des principales figures de la CSU, les débats sur les réformes en Europe donnent l’impression que les questions de financement au sein de la zone euro et de politique migratoire commune pourraient être liées.  «Une chose est claire: nous avons besoin de stabilité en Europe, pas en déboursant toujours plus d’argent mais plutôt via des réformes dans les pays concernés», a-t-il indiqué, assurant qu’il ne voulait pas de « communauté de la dette», a insisté Markus Söder.

La CSU a déjà démarré une campagne électorale pour des élections qui se tiennent en Bavière le 14 octobre. Pour le parti, cette élection s’avère vitale, la Bavière étant la véritable base arrière de la CSU. Or l’AfD menace de tailler des croupières au parti de droite, ce qui explique que la CSU, en retour, marche sur ses plate-bandes en réclamant une politique toujours plus dure envers les réfugiés.

Chez les économistes, les réactions ont aussi été violentes, comme au très conservateur institut Ifo. Son président, Clemens Fuest, estime qu’un déséquilibre s’installe si on renforce la solidarité et pas les conditionnalités. Il a notamment sévèrement critiqué le fait que le Mécanaisme européen de stabilité soit renforcé sans que les exigences progressent.

Globalement, l’économiste estime que les mesures envisagées permettront l’élargissement de la solidarité et la protection des banques et des États en cas de crise.

A l’inverse, d’autres économistes ont salué l’initiative franco-allemande, même s’ils soulignent qu’elle relève plus du symbole que d’un véritable projet, à l’instar de Henrik Enderlein de l’institut Notre Europe, ou de Nicolas Véron du think-tank Bruegel.

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