Bruxelles refuse de parler de l’après-crise avec la Grèce

L'après-sauvetage sera discuté « en temps voulu », a indiqué un porte-parole de la Commission. [European Central Bank/Flickr]

Bruxelles a tempéré les ardeurs grecques, affirmant que les discussions sur le type de supervision souhaitable après la fin du renflouement auraient lieu « en temps voulu ».

La fin du programme de renflouement approche pour Athènes, et le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, espère que le pays bénéficiera ensuite d’une ligne de crédit de précaution. Bruxelles ne semble cependant pas prête à parler d’avenir.

« Nous ne souhaitons pas spéculer ou commenter la forme [que prendra la supervision de la Grèce après la fin du programme de renflouement] à ce jour », a indiqué un porte-parole de la Commission européenne. « Les détails de tout arrangement de soutien post-renflouement et le type de supervision nécessaire après la sortie du sauvetage, conformément au droit européen, seront discutés en temps voulu. »

La Grèce a fait de grands progrès dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité (MES) et les travaux sur les engagements pris par Athènes se poursuivent. « Tous les partenaires collaborent actuellement pour s’assurer que le programme peut être clôturé sans accroc cet été », assure le porte-parole.

Selon le gouverneur de la banque centrale, une ligne de crédit de précaution permettrait cependant de rassurer les investisseurs et de faire baisser le coût de l’emprunt, même si ce mécanisme serait sans doute assorti de nouvelles conditions pour le pays.

La ligne de crédit de précaution est un mécanisme fonctionnant de façon similaire à une autorisation de découvert bancaire, que le pays en question peut activer en cas de crise aiguë de sa balance de paiements. Mise en place par le FMI en 2011, il permet de « répondre aux besoins de liquidité des pays membres dont l’économie est foncièrement solide et qui appliquent des politiques saines, mais qui restent exposés à des facteurs de vulnérabilité ».

La Grèce risque de rester longtemps sous surveillance

La Grèce est en train de sortir du programme de sauvetage, et bénéficiera probablement un allègement de sa dette. Ce qui ne l’empêchera pas de rester sous surveillance, et pour longtemps, selon Thomas Wieser, président sortant du groupe de travail Eurogroupe.

Le gouvernement ne partage toutefois pas les vues de Yannis Stournaras et préfèrerait opter pour une rupture nette avec ses créanciers. Athènes estime également que le système de ligne de crédit de précaution n’est pas nécessaire, parce que la crédibilité du pays a été restaurée ces dernières années.

En outre, l’économie grecque sera protégée par un fonds de réserve, souligne le gouvernement. « Il pourrait y avoir une surveillance accrue, comme ça a été le cas pour le Portugal ou Chypre, mais nous serons beaucoup plus libres et la société doit savoir comment nous comptons utiliser cette liberté », a déclaré le ministre des Finances, Euclid Tsakalotos, le 13 février.

Le ministre fait également remarquer qu’en juin dernier l’Eurogroupe avait décidé que le pays devrait retrouver les marchés financiers avec des capitaux. « Il serait stupide d’avoir deux protections », estime-t-il. « Personne ne proposerait sérieusement cela. »

Les indicateurs économiques sont encourageants et trois retours réussis aux marchés montrent que la sortie du programme de sauvetage, en août, ne posera pas de problème, poursuit-il, rappelant qu’en juillet dernier, Yannis Stournaras avait estimé qu’il était « tôt » pour un retour aux marchés et préconisait plutôt trois au quatre privatisations, afin de renforcer la confiance des investisseurs. « Son hypothèse ne s’est pas confirmée. »

Le gouverneur de la banque centrale a été nommé par le gouvernement précédent, dirigé par le parti de droite Nouvelle Démocratie, et ses relations avec le gouvernement Tsipras sont houleuses. Il s’oppose souvent au gouvernement quant à l’avenir économique du pays et les membres de Syriza lui reprochent de nuire au redressement économique avec des déclarations pessimistes.

La Commission envisage de sortir la Grèce de la procédure de déficit excessif

La Commission européenne demandera bientôt la fin de la procédure de déficit excessif de la Grèce, suite à l’accord conclu entre Athènes, ses créanciers et l’Eurogroupe sur la prochaine tranche d’aide. Un article d’Euroefe.

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