Wish va disparaître des moteurs de recherche pour « protéger les consommateurs » français

« Le déréférencement des offres Wish sur les moteurs de recherche et celui de son application réduit considérablement le risque qu’un consommateur tombe par hasard sur des offres de produits dangereux sur son site », a justifié le secrétaire d'État au Numérique, Cédric O. [XanderSt/Shutterstock]

Le gouvernement français a ordonné mercredi (24 novembre) aux moteurs de recherche et aux boutiques d’applications le déréférencement de la plateforme de e-commerce Wish, accusée de « bafoue[r] la réglementation sur la sécurité des produits ».

À quelques jours du Black Friday et à un mois des fêtes de Noël, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) tape du poing sur la table.

Le site de commerce en ligne Wish n’apparaîtra bientôt plus dans les pages de résultats de Google ou Bing par exemple, ni dans la liste des applications de l’App Store ou du Play Store.

Les consommateurs pourront néanmoins toujours accéder au site en inscrivant directement son URL sur leur navigateur, mais son déréférencement reste un coup dur pour la visibilité de la plateforme sur Internet.

« Le déréférencement des offres Wish sur les moteurs de recherche et celui de son application réduit considérablement le risque qu’un consommateur tombe par hasard sur des offres de produits dangereux sur son site », a justifié le secrétaire d’État au Numérique, Cédric O.

Les manquements de Wish

Cette décision intervient à la suite d’une campagne de prélèvements de la DGCCRF, qui a révélé un grand nombre de produits non conformes et dangereux vendus sur la marketplace.

L’évaluation de certaines familles de produits a particulièrement interpellé Bercy : 95 % des jouets et des appareils électriques contrôlés se sont avérés non conformes, voire dangereux pour respectivement 45 % et 90 % d’entre eux.

L’enquête a également permis de démontrer que Wish ne respectait pas « de manière satisfaisante » ses obligations, en sa qualité de distributeur, en matière de retraits et de rappels de produits.

La DGCCRF a noté que les offres signalées comme dangereuses étaient bel et bien retirées sous 24 h mais que, « dans une majorité de cas », ces produits étaient toujours disponibles sur la plateforme, sous une autre dénomination, et parfois même auprès du même vendeur.

La DGCCRF avait ainsi enjoint Wish en juillet de se mettre en conformité dans un délai de deux mois — le non-respect de cette injonction ayant conduit à la décision de déréférencement jusqu’à ce que des mesures soient prises par la plateforme pour se mettre en règle.

« Cette décision illustre l’action du Gouvernement pour protéger les consommateurs et lutter efficacement contre une concurrence déloyale d’opérateurs économiques [qui] bafouent la réglementation sur la sécurité des produits », a déclaré le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Et d’ajouter que la France se bat « pour appliquer les mêmes règles dans les commerces physiques et sur les boutiques en ligne » et qu’il s’agira d’une des priorités de la présidence française de l’UE, qui doit démarrer en janvier 2022.

Sur l’importance du niveau européen de cet enjeu, M. O a d’ailleurs précisé que le Digital Services Act (DSA) devrait venir renforcer « considérablement les obligations des places de marché en matière de protection et d’information du consommateur ».

DSA : les ambassadeurs de l'UE parviennent à un accord pour entamer les négociations interinstitutionnelles

Mercredi 17 novembre, les représentants des États membres de l’Union européenne ont approuvé une pièce maîtresse de la législation numérique, la loi sur les services numériques.

« Soit il se conforme aux règles de protection des consommateurs, soit nous irons encore plus loin et nous passerons du déréférencement à l’interdiction du site sur le territoire français », a précisé M. Le Maire sur Franceinfo, martelant que les acteurs du numérique ne doivent pas être aux dessus des lois.

La plateforme de e-commerce n’a, pour l’heure, pas répondu aux sollicitations d’EURACTIV.

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