Le sommet Women20 défend les intérêts des femmes avant le G20

Lors du sommet Women20 à Berlin, des dirigeantes du monde entier ont discuté de la manière de promouvoir l’émancipation économique des femmes dans le programme politique d’un G20 encore dominé par des hommes. Un article d’Euractiv Allemagne.

L’événement, organisé par le Conseil des femmes allemand (DF) et l’association des femmes entrepreneurs (VdU), a réuni la chancelière allemande Angela Merkel, la reine Máxima des Pays-Bas, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, la responsable du FMI, Christine Lagarde et la vice-présidente de la Bank of America, Anne Finucane.

Des femmes d’affaires et la fille du président américain, Donald Trump, Ivanka Trump, ont également participé à l’événement. Même si elle détient le titre officiel de conseillère spéciale du président, Ivanka Trump s’est présentée comme « une entrepreneure » lorsqu’un des modérateurs lui a demandé en quelle qualité elle participait au W20. Le public l’a huée et sifflée lorsqu’elle a présenté son père comme un « incroyable champion dans le soutien aux familles ».

Derrière la façade glamour, un réseau international de femmes d’affaire et de responsables politiques se bat depuis des années pour une reconnaissance sociale et des politiques permettant un meilleur accès à l’emploi et l’éducation.

Au 21e siècle, ce n’est plus une cause défendue par une poignée de féministes : plus de 100 délégués ont participé au sommet W20.

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En 2016, le Deutscher Starup Monitor observait une augmentation régulière du nombre de créatrices d’entreprises, même si le chiffre n’était encore qu’à 13,9 %. Et l’Allemagne n’est pas une exception à la règle.

La reine Máxima a souligné que seul un tiers des entreprises néerlandaises était dirigé par des femmes. L’accès au marché de l’emploi et aux ressources financières est toujours un obstacle quotidien pour les femmes.

« C’est désormais un fait : de plus en plus de femmes se voient refuser un accès à tous les financements importants », a ajouté la reine.

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Anne Finucane, de la Bank of America, a insisté sur le fait que les hommes devaient agir pour aider les femmes. Christine Lagarde, présidente du FMI, a quant à elle rappelé les bénéfices macro et microéconomiques d’une économie mondiale diversifiée, sans discrimination ou inégalités.

Éliminer le fossé entre les sexes aux États-Unis pourrait mener à une hausse de la croissance de 5 %. Au Japon, ce chiffre pourrait monter à 9 %, et atteindre en Inde 23 %.

Le nombre de femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) dans les pays industrialisés est actuellement insuffisant pour répondre à ces futurs besoins. Ivanka Trump a rappelé que le nombre de femmes diplômées en informatique avait chuté de 30 à 20 % aux États-Unis.

Par ailleurs, 1,7 milliard de femmes dans le monde n’ont pas accès à un smartphone. La connectivité n’est pas une question de luxe, a insisté la reine Máxima, c’est un facteur économique majeur.

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Le Premier ministre suédois a imposé le sujet des politiques  de l’emploi au dernier conseil européen.

La connectivité contribue aussi à un modèle de microcrédit réussi. Les données du FMI indiquent que les demandes de microcrédit entre trois et cinq heures du matin ont augmenté ces dernières années. Pourquoi cette tranche horaire ? C’est généralement des femmes qui font appel à ce type de financement et les grossistes doivent généralement être payés avant 6h. Toutefois, ces réalités ne sont pas prises en considération par les opérateurs mobiles et les banques.

Les participantes du sommet W20 se sont accordées à dire qu’un meilleur lien entre le secteur privé et les banques centrales permettrait aux femmes de construire un dossier plus facilement pour un crédit. Modifier les obligations légales pour les banques numériques, en offrant plus de services financiers mobiles pour les femmes et un accompagnement adéquat permettrait aussi de changer la vie de femmes dans le monde entier et de lutter contre la pauvreté à long terme.

Angela Merkel a quant à elle suggéré la mise en place d’un fonds monétaire pour promouvoir les femmes dans les pays en développement. Un fonds qui pourrait être hébergé par la Banque mondiale et alimenté par les contributions des États et du secteur privé, ainsi que par des subventions.

Prochaines étapes

  • Juillet: sommet du G20 à Hambourg