La Fondation Robert Schuman a interrogé Jean-Paul Betbèze, professeur d’économie à l’Université Paris II Panthéon-Assas, pour obtenir un diagnostic des économies française et européenne avant le sommet européen de printemps.
Le sommet européen des 23 et 24 mars 2006 donnera aux chefs d’Etat européens une nouvelle opportunité d’exprimer leur opinion sur la relance de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi et sur la question très débattue de la politique industrielle européenne.
Dans cet entretien accordé à la Fondation Robert Schuman, Jean-Paul Betbèze donne un aperçu des faiblesses des économies française et européenne et de leurs perspectives de reprise.
Pour donner le contexte, M. Betbèze souligne la « polarisation » croissante de l’économie mondiale, entre les bonnes performances américaine et asiatique d’un côté et les résultats en demi-teinte de l’UE de l’autre. Selon M. Betbèze, la stagnation de l’économie européenne, souvent attribuée à de faibles taux de consommation, est en fait surtout un problème d’offre qui n’a pas été convenablement pris en compte dans les politiques publiques. Sur cette question particulière, M. Betbèze souligne les insuffisances de la stratégie de Lisbonne (notamment sa faible gouvernance) et l’absence d’une véritable politique industrielle paneuropéenne.
De plus, J-P Betbèze affirme que l’économie française souffre de problèmes spécifiques, à savoir un contenu de faible valeur ajoutée des produits nationaux en raison d’une faible capacité d’innovation et d’une politique fiscale mal adaptée.
Afin de remédier au « malaise » économique européen, M. Betbèze suggère de compter sur le rôle moteur des grands groupes, organisés selon des pôles de compétitivité et d’innovation très spécialisés, non seulement au niveau national mais également au niveau européen. Concernant le domaine financier, les liquidités doivent, selon lui, être redirigées vers les secteurs les plus productifs de l’économie.
Par ailleurs, M. Betbèze cnosidère que la politique de croissance de l’UE doit être soutenue par les initiatives des Etats membres dans trois domaines : la fiscalité, le domaine juridique et le domaine de la formation.
Selon le Professeur, les bases favorables à une telle relance existent, y compris les structures nécessaires pour la mettre en oeuvre (la Banque européenne d’investissement par exemple). Il indique qu’il est désormais urgent de manifester une volonté politique forte dans cet effort de « rattrapage par équipe ».
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