Entrepreneurs, le Brexit est là, préparez-vous!

DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cette colonne reflètent l'avis de l'auteur, pas celle d'EURACTIV.COM Ltd.

Pierre Goguet [CCI Dordogne]

Les entreprises françaises ne se sont pas suffisamment préparées aux conséquences du Brexit. Il est urgent de prendre conscience que beaucoup d’entreprises seront impactées, directement ou indirectement. Une opinion de notre partenaire, La Tribune.

Pierre Goguet est président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) en France.

Depuis la décision du peuple du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, les 27 pays de l’Union, sous la haute autorité de Michel Barnier qui a remarquablement œuvré dans ce dossier d’une grande complexité, se sont attachés à définir des positions communes et établir un accord qui puisse être le moins douloureux possible pour nos économies respectives. À son échelle, le réseau des CCI y a pris part, en représentant les intérêts des entreprises et en alertant les pouvoirs publics nationaux sur les conséquences – y compris les plus lointaines – que le retrait anglais de l’Union pourrait produire.

Dans cette période de grandes tensions économiques et d’incertitudes politiques, le réseau des chambres de commerce s’est associé, dès la fin de l’année 2017, aux services publics de l’Etat dont je veux saluer ici l’implication. Nous avons œuvré, avec la Direction générale des douanes et les services du ministère de l’Agriculture, pour informer les entreprises des formalités d’entrée sur le territoire qui allaient être mises en œuvre.

Nous avons souhaité les alerter, le plus tôt possible, sur l’impact que le retrait de l’économie britannique de la zone de libre-échange allait produire sur notre tissu économique, en particulier sur le secteur automobile, celui de la chimie et de la pharmacie, sans parler de l’aéronautique dont un des fleurons, Airbus, emploie 15 000 personnes au Royaume-Uni. Je souhaite que nous puissions poursuivre nos efforts en ce sens dans les mois et les années à venir, car les interrogations sont nombreuses, y compris dans les rangs de la classe politique britannique.

Éviter de subir les effets

Le message que je porte aujourd’hui est destiné aux entreprises. Je n’ignore rien des difficultés économiques auxquelles elles doivent faire face en ces temps de contestation. J’ai eu l’occasion de plaider auprès du ministère de l’Économie pour tâcher d’en alléger la charge. Mais je me dois à présent de les inviter, presque solennellement, à préparer plus encore qu’elles n’ont pu le faire jusqu’ici, l’échéance du Brexit.

Nos deux économies, de part et d’autres de la Manche, connaissent une telle imbrication que beaucoup d’entreprises seront impactées, directement ou indirectement, par les évolutions à venir. Celles qui ne commercent pas directement avec le Royaume-Uni verront leurs partenaires, leurs fournisseurs, leurs clients en subir les effets et en feront également les frais, par ricochet.

L’information sur les procédures à mettre en place, les anticipations à conduire, les réflexions à mener existent. Les entrepreneurs les trouveront auprès de leur CCI de région ou, à défaut sur les sites institutionnels, dont le principal, www.brexit.gouv.fr/ recense les informations mises en place par les ministères techniques.

Les entreprises importatrices ou exportatrices, ou tout simplement celles qui souhaitent connaitre leur exposition au Brexit, pourront dès à présent se reporter au diagnostic mis en place par la Direction générale des entreprises sur son site, ou la Direction générale des douanes, dont les antennes en région mènent un travail d’information remarquable.

J’invite, dès à présent, tous les entrepreneurs à se rapprocher des services publics que je viens de citer car déterminer les contraintes liées au Brexit, c’est le seul moyen de les surmonter.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

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