Christine Revault d’Allonnes :«Il faut défendre Erasmus+ quoi qu’il arrive»

Christine Revault d’Allonnes

Cet article fait partie de l'édition spéciale Partir en Erasmus, pourquoi pas moi ?.

Programme préféré des Européens, Erasmus+ s’est récemment élargi vers les apprentis et les lycéens. Un succès à confirmer, selon l’eurodéputée socialiste Christine Revault d’Allones.

Christine Revault d’Allonnes est eurodéputée, cheffe de la délégation socialiste au Parlement européen, et candidate pressentie pour les élections européennes 2019.

Qu’est-ce qui a changé pour les jeunes avec Erasmus+ ?

On a réuni dans un seul programme les échanges des étudiants, des apprentis et des lycéens. Erasmus est un projet européen qui fonctionne à la fois très bien, et que tout le monde connait : il faut le promouvoir auprès des jeunes, de tous les jeunes quels que soit leurs parcours : la mobilité est un élément clé pour l’emploi. »

Qui est concerné par le programme ?

Il peut désormais accompagner les apprentis, les stagiaires, les associations de quartiers. C’est un gros changement ! Mais quand on regarde les chiffres, on constate que, en France, 43 000 étudiants partent en Erasmus, pour seulement 6 800 apprentis, c’est encore insuffisant. Les échanges fonctionnent bien entre la France et l’Allemagne grâce à l’OFAJ [Office franco-allemand pour la Jeunesse], mais avec les autres pays c’est plus compliqué.

Erasmus+ de plus en plus populaire en France

Le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus + en France a augmenté en 2017, à la faveur d’une augmentation du budget du programme d’échange européen.

 

Est-ce que la mobilité séduit les jeunes Français ?

Oui, certains ; mais on a moins de jeunes qui partent qu’en Allemagne par exemple. La culture de la mobilité, même le simple fait de déménager au sein d’un pays, est peu ancrée dans la culture française, mais ça évolue doucement. Il y a aussi l’enjeu de l’apprentissage de la langue : en France on insiste beaucoup sur l’écrit, alors que l’oral compte plus.

Erasmus est-il réservé aux étudiants les plus fortunés ?

Au niveau universitaire, les barrières sont notamment financières. Mais pour les échanges Erasmus en lycée, on s’aperçoit que 40 % des lycéens français qui partent en Erasmus sont boursiers, c’est très différent.

Pour être accessible à tous, Erasmus doit augmenter son budget de 40%

Le commissaire européen à l’éducation et à la culture, Tibor Navracsics, préconise un renforcement de « l’attrait social » du programme Erasmus et invite à cet égard les États membres à octroyer les fonds nécessaires. Un article d’EurActiv Espagne.

Comment se passent les échanges Erasmus pour lycéens ?

Ils sont plus courts, les jeunes restent 15 jours dans un autre pays. Mais ça leur permet vraiment de se projeter, d’avoir l’idée d’étudier et de travailler dans un autre pays, c’est ça qui est important. Cela dit le système est rodé pour les lycées généralistes, il faut le développer plus pour les lycées professionnels.

Comment voyez-vous le futur du programme Erasmus+ ?

Erasmus+, c’est un des sujets sur lesquels nous nous battons en tant que socialistes pour le budget européen à long terme, en cours de négociation. Certes, avec le Brexit et les nouvelles priorités, il y aura moins de fonds européens, mais nous pensons qu’Erasmus devrait être sauvegardé quoiqu’il arrive. On ne répond déjà pas à toutes les demandes des jeunes, donc il faut au contraire développer cet instrument.

Les élections européennes sont prévues pour mai prochain. Est-ce un enjeu pour les jeunes ?

Qu’ils votent ou non, je crois que c’est important que la plus jeune génération prenne conscience de sa responsabilité par rapport à l’Europe. L’UE va continuer à avancer, qu’ils participent au vote ou non. S’ils ne participent pas, ils risquent de se faire imposer des choix qui ne sont pas les leurs. On a un vrai risque de voir certains programmes européens supprimés si les eurosceptiques prennent de l’ampleur au Parlement européen ! C’est le cas d’Erasmus+, de la garantie jeune qui permet aux jeunes de trouver des stages et des formations.

Les régions s’inquiètent pour les fonds européens avant les élections

Alors que le Brexit pourrait se traduire par une réduction des fonds structurels octroyés aux régions de l’UE, les responsables politiques appellent à leur sauvegarde et surtout à une simplification des procédures.

 

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