ALMA : le nouveau programme d’aide de l’UE pour les jeunes qui cherchent un emploi à l’étranger

En juillet 2021, 2,854 millions des moins de 25 ans étaient au chômage au sein de l’UE, dont un total de 2,339 millions dans la zone euro, selon Eurostat. [Daniel Enchev / Flickr]

La pandémie a aggravé la crise du chômage chez les jeunes, en particulier dans le sud de l’Europe. La Commission européenne a donc annoncé le lancement d’un nouveau programme de placement professionnel destiné à lutter contre le chômage des jeunes dans l’ensemble de l’Union.

S’exprimant à Strasbourg mercredi 15 septembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé le lancement d’ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve en anglais). C’est un nouveau programme de placement de type Erasmus qui vise à offrir une expérience professionnelle de courte durée aux jeunes Européens dans d’autres États membres de l’UE.

« Nous devons intensifier notre soutien à ceux qui se trouvent en situation de faiblesse, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas d’emploi, d’éducation ou de formation », a déclaré la présidente de la Commission dans son discours annuel sur l’état de l’Union.

La crise financière de 2008 a servi de leçon à l’Europe – sur la nécessité d’investir non seulement dans la relance à court terme, mais aussi dans les réformes à long terme, a souligné Mme von der Leyen.

« Notre union sera plus forte si elle ressemble davantage à notre prochaine génération : réfléchie, déterminée et attentionnée. Fondée sur des valeurs et audacieuse dans l’action », a-t-elle déclaré. Elle a mis en garde contre la création de « nouveaux clivages » avec des jeunes qui ont été privés de certaines de leurs années les plus formatrices.

Une idée similaire avait été intégrée dans un programme européen de 1995. Ce programme, intitulé Leonardo, avait pour objectif de renforcer la mobilité sur le marché du travail et de financer des projets pratiques dans le domaine de l’enseignement et de la formation professionnels.

En juillet 2021, 2,854 millions des moins de 25 ans étaient au chômage au sein de l’UE, dont un total de 2,339 millions dans la zone euro, selon Eurostat.

Si le chômage des jeunes a diminué, passant de 18,7 % l’année dernière à 16,2 % en 2021 au sein de l’UE et à 16,5 % dans la zone euro, le sud de l’Europe est actuellement frappé par des taux de chômage élevés chez les jeunes.

Le taux de chômage de la Grèce a diminué, mais reste le plus élevé de la zone euro. Il a atteint 17 % en avril, alors qu’il n’était que de 16,8 % le mois précédent (chiffre révisé à la hausse), selon les données du service statistique ELSTAT publiées le jeudi 16 septembre.

Chez les 15-24 ans, le taux de chômage est passé à 46,8 %, tandis qu’il ne dépassait pas 33,6 % au cours du même mois en 2020.

Les organisations de jeunesse à travers l’UE ont salué l’initiative de Mme von der Leyen, mais ont toutefois mis en garde contre la création d’un autre « tigre de papier ».

« ALMA devra être développé en complémentarité avec le programme de mobilité ciblée EURES (PMC) qui soutient déjà les plus de 18 ans qui souhaitent trouver un emploi, un stage ou un apprentissage dans un État membre de l’UE, en Islande ou en Norvège (par exemple en finançant des cours de langue, la reconnaissance des qualifications, les frais de voyage et de séjour) », a souligné Eurodesk, le réseau européen d’information jeunesse.

La participation des jeunes

Mme Von der Leyen a également proclamé qu’elle ferait de 2022 l’« Année de la jeunesse européenne ». Les jeunes seront encouragés à contribuer au débat lors des consultations de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, puisqu’il s’agit de « leur avenir et que cette conférence doit aussi être la leur ».

« Notre Union a besoin d’une âme et d’une vision auxquelles ils puissent se rattacher. Ou comme le demandait Jacques Delors : « Comment ne pourrons-nous jamais construire l’Europe si les jeunes ne la considèrent pas comme un projet collectif et une vision de leur propre avenir ? », a déclaré Mme Von der Leyen.

Son annonce intervient alors que les premières sessions du panel de citoyens européens doivent commencer le week-end prochain.

D’ici la fin de l’année, les panels formuleront des recommandations, qui seront discutées lors d’une séance plénière réunissant des citoyens, des représentants des institutions européennes et des parlements nationaux, ainsi que d’autres intervenants.

Ces recommandations contribueront à l’élaboration d’un rapport final, qui sera préparé au printemps 2022 par le bureau exécutif de la conférence, composé du Parlement européen, du Conseil et de la Commission.

Les critiques ont qualifié ce processus de consultation de bureaucratique et peu enclin à produire des résultats tangibles, à l’instar des consultations françaises menées par le président Emmanuel Macron, qui ont échoué.

En réponse aux députés européens à Strasbourg, Mme Von der Leyen a promis de « donner suite » aux conclusions de la conférence.

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