Beddawi, un camp pour réfugiés où cohabitent en harmonie Palestiniens et Syriens

Des élèves de l’école de Kawkab, dans le camp de Beddawi, près de la ville libanaise de Tripoli, dans le nord du pays. La plupart des réfugiés du camp sont des Palestiniens, mais cette année, de nombreux Syriens y ont emménagé. [Susanna Samhan/EFE]

L’école de Kawkab se dresse au milieu des rues étroites du camp de réfugiés de Beddawi, au Liban. Un havre de paix pour les enfants qui rêvent d’une vie meilleure. Un article d’EuroEfe.

L’école pour réfugiés Kawkab, une des sept écoles dans le camp de Beddawi, au Liban, est gérée par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Elle a été réhabilitée avec des fonds de l’Union européenne.

Amina veut être médecin

Amina, 10 ans, aime aller à l’école et veut être médecin plus tard. « Nous apprenons beaucoup de choses à l’école », a-t-elle expliqué à l’agence de presse Efe.

Les dessins des enfants qui ornent les murs extérieurs de l’école de Kawkab donnent sur la grande cour où les réfugiés palestiniens, syriens et kurdes ont appris à vivre ensemble.

Au total, 682 enfants, âgés de 6 à 12 ans, occupent les salles de classe aménagées dans les trois étages de l’établissement, où les enseignants travaillent en deux équipes pour donner cours au plus d’élèves possible.

Les enseignants déclarent que les conditions d’apprentissage ne sont pas optimales : les enfants n’arrivent pas avec la même énergie ou n’ont pas la même capacité à apprendre pour les cours de l’après-midi et rêvent qu’une autre école soit construite un jour, avec des ordinateurs et même des professeurs de gymnastique.

Chaque classe de l’école peut accueillir entre 40 et 46 élèves, comme Rim, une autre petite fille de dix ans, qui explique : « nous lisons des histoires et nous en apprenons de nombreuses choses ».

L’école organise également des cours d’anglais et peut également accueillir des enfants ayant des besoins particuliers, dans le cadre d’un programme subventionné par l’UE pour, entre autres, des enfants dyslexiques, malentendants ou malvoyants. En outre, l’une des écoles de Beddawi est spécialisée pour les élèves souffrant de problèmes physiques ou cognitifs.

Hala, Rayan, Zedil, des élèves de l’école, racontent à Efe qu’ils veulent être professeur, ingénieur ou encore coiffeur. Amina, la future médecin, confie qu’elle est inquiète parce que son père ne parvient pas à trouver du travail. « La situation dans le camp est difficile. Nous ne pourrions pas étudier sans les écoles de l’UNRWA ni être soignés à l’hôpital car nous n’avons pas d’argent. »

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Un camp de réfugiés transformé en un quartier urbain

La Portugaise Marisa Matías, présidente de la délégation du Parlement européen qui s’est rendue dans le camp, admet que l’aide de l’ONU ou de l’UE destinée à Beddawi « n’est pas suffisante ; la pauvreté et le chômage sont très élevés ».

« L’UNRWA doit faire face à une demande croissante de services dans un camp qui, au fil des années, est devenu un quartier urbain », souligne l’eurodéputée à Efe, lors d’un entretien téléphonique.

Une grande partie des réfugiés palestiniens qui vivaient dans les environs de Nahr al-Bared ont emménagé dans ce camp construit en 1955 près de la ville libanaise de Tripoli. La ville de Nahr al-Bared a été ravagée en 2007 par des affrontements entre les forces de l’ordre et un groupe armé radical (Fateh al Islam) qui était retranché dans la ville.

Les réfugiés de Beddawi doivent également partager le camp avec les Syriens fuyant la guerre civile, qui a éclaté en 2011, et qui cherchent un logement à un prix plus abordable que dans d’autres parties du Liban.

Certains logements ont également été rénovés grâce aux subventions de l’UE.

Nancy Jatab a 35 ans et est mère de trois enfants âgés de 10, 8 et 3 ans. Elle est a quitté Nahr al-Bared pour vivre à Beddawi en 2007 et a pu bénéficier des aides de l’UE pour améliorer son logement. « J’ai pu bénéficier des subventions européennes car ma maison était dans un état catastrophique et très petite. Nous avons pu ajouter une pièce supplémentaire », a-t-elle déclaré à Efe, tout en montrant son humble logement  pour réfugiés.

Sa vie, dit-elle, « est très difficile ». Bien que l’UNRWA les aide, ils ont des dépenses auxquelles ils ne peuvent pas faire face et des dettes qui s’accumulent.

Nancy Jatab est donc très inquiète de la décision des États-Unis de geler les fonds versés à l’UNRWA et se demande ce qui leur arriverait si les services prévus par l’Office devaient être supprimés.

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Les réfugiés souffrant d’un cancer difficiles à soigner

En plus des écoles, l’ONU finance un centre de soins dans le camp, qui a également été réhabilité avec les fonds de l’UE.

Hana Abed, un médecin, se réjouit que le centre médical soit bien équipé et capable de soigner des patients qui n’ont pas de complications, mais déplore le fait qu’il soit difficile de traiter les patients atteints de cancer.

« Nous n’avons pas de problèmes avec les cas faciles, mais traiter les personnes atteintes de cancer est très complexe puisque l’UNRWA ne subventionne que 15 % des traitements et que le Liban ne fournit pas de médicaments à ceux qui en souffrent », a-t-il déclaré à Efe.

Selon Hana Abed, les cancers les plus fréquents parmi les réfugiés sont ceux de la thyroïde, des poumons, du colon ou le lymphome pour les enfants. « Nous devons continuer à soigner les malades et à soutenir les médecins. L’UE doit continuer à fournir des aides. »

Malgré les difficultés, Marisa Matías estime que Beddawi « est un exemple de réussite du soutien de l’UNRWA octroyé aux réfugiés palestiniens grâce au financement de l’UE ».

L’Union européenne, souligne-t-elle, est le plus important donateur de l’UNRWA pour le Proche Orient ; elle a permis de réhabiliter 2000 logements dans les camps de réfugiés et a réhabilité 11 centres de santé.

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Depuis le début de la guerre en Syrie, l’UE a versé 439 millions d’euros d’aide humanitaire au Liban et, cette année, l’aide sera de 80 millions d’euros.

Les projets soutenus par l’Union dans le camp de Beddawi servent à « stimuler l’économie interne et à améliorer les conditions de vie dans le camp », a ajouté l’eurodéputée.

Elle admet cependant que « cela n’est pas suffisant. La communauté internationale devrait assumer sa responsabilité dans la crise du Moyen-Orient. Elle est non seulement liée au conflit syrien, mais également au processus de paix au Moyen-Orient qui est au point mort » entre Israéliens et Palestiniens.

Le Liban est le pays avec le plus de réfugiés par habitant.

L’UNRWA a enregistré 450 000 Palestiniens réfugiés au Liban, alors que le HCR, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, rapporte qu’un million de Syriens ont fui la guerre ces dix dernières années et que le Liban a accueilli également un million de réfugiés.

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