Erasmus+ de plus en plus populaire en France

shutterstock_506137015 [Jacob Lund, shutterstock]

Le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus + en France a augmenté en 2017, à la faveur d’une augmentation du budget du programme d’échange européen.

Le succès du programme Erasmus ne s’est pas démenti en France en 2017. L’année dernière, 79 888 demandes de mobilité ont été acceptées, contre 67 604 en 2016, selon des chiffres présentés par l’agence Erasmus + France mardi 27 mars. L’agence enregistre une hausse de 20% des demandes financières de projet de mobilité par rapport à 2016.

Depuis 2014, le programme inclut également des projets de partenariats, dont le nombre de candidatures a légèremment diminué en 2017 (361 candidatures contre 365 l’année dernière), en raison d’une forte baisse des projets portés dans l’enseignement supérieur.

Alors que le programme fêtait ses 30 ans l’année dernière, il demeure la troisième réalisation la plus positive de l’Union européenne pour le grand public, et la première en France d’après le sondage BVA de mai 2017.

Les étudiants principaux bénéficiaires

Les étudiants restent les principaux bénéficiaires du programme avec 45 511 d’entre eux en mobilité en 2017 contre presque deux fois moins d’apprentis et de stagiaires de la formation professionnelle (20 338). Les étudiants sont également de plus en plus nombreux à partir en stage : ils étaient 14 717 en 2017 contre 9 735 en 2014.

Des tendances similaires se retrouvent au niveau de l’ensemble de l’Union, dont les chiffres de 2016 montrent une hausse du nombre d’étudiants partant en stage ainsi que du nombre d’apprenants et d’enseignants de la formation professionnelle participant au programme depuis 2014.

Un rapport pour déverrouiller l'Erasmus des apprentis

Contrats de travail, rémunérations : le député européen Jean Arthuis formule 16 propositions pour développer l’Erasmus des apprentis, dans un rapport qui sera remis vendredi à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Coup de pouce budgétaire

Comme le souligne Sébastien Thierry, directeur adjoint de l’Agence Erasmus + France, ces hausses s’expliquent par un coup de pouce budgétaire reçu par le programme en 2017. « Conformément à la programmation budgétaire sur sept ans, le budget s’est mis à augmenter de façon substantielle ». Selon les chiffres de l’agence, l’enveloppe a augmenté de 18 % par rapport à l’année dernière sur le volet éducation et formation, et de 20% sur celui des partenariats.

« Ce sont des augmentations qui heureusement vont intervenir chaque année jusqu’en 2020 », souligne Sébastien Thierry. Passé cette date, les contours du programme Erasmus + pour la période 2021-27 restent flous et dépendront du prochain cadre financier pluriannuel 2020-27 de l’Union européenne, dont les négociations officielles débuteront le 2 mai avec une proposition de la Commission.

L’heure est déjà à la réflexion sur comment équilibrer ce budget, alors que le Brexit marquera la perte du quatrième plus gros contributeur de l’Union européenne. En janvier, le commissaire au budget Günther Oettinger a déclaré vouloir a minima préserver les dotations des programmes Erasmus + et Horizon 2020.

Oettinger table sur une augmentation du budget européen

Le prochain budget sur sept ans de l’UE pourrait augmenter, malgré le manque à gagner du Brexit, a indiqué le commissaire Günther Oettinger.

Selon l’agence Erasmus + France, 74 millions d’euros étaient manquants en 2017 pour financer l’ensemble des demandes répondant aux critères du programme. Des estimations présentées mi-février par la Commission font valoir que 30 milliards d’euros sur sept ans seraient nécessaires pour doubler le nombre de jeunes de l’UE partant en Erasmus, objectif que s’est fixé l’Union européenne pour 2025.

L’effet Brexit

Au-delà du budget, le Brexit a des conséquences directes sur les choix de destination des jeunes. « Le Royaume-Uni, qui était souvent positionné en première place régresse dans les choix des porteurs de projet et arrive très souvent en troisième position », explique Laure Coudret-Lau, directrice de l’Agence Erasmus+ France. « On voit monter l’Irlande, Malte (…) et on commence à très nettement voir un déplacement vers les pays du nord de l’Europe ».

Dans une résolution du 5 septembre 2017, le Parlement européen s’est positionné pour que « les négociations liées au Brexit [aboutissent] à un accord mutuellement satisfaisant sur le statut des étudiants et des enseignants de l’Union participant à des programmes de mobilité Erasmus + au Royaume-Uni et vice versa ».

Le Royaume-Uni y participera au moins jusqu’en 2020. Pour la suite, Erasmus + offre des possibilités de mobilité dans des pays extérieurs à l’Union européenne (en Tunisie, Russie ou encore au Canada), dans lesquelles pourraient s’inscrire le Royaume-Uni si le pays souhaite rester dans le programme.

Quel futur pour Erasmus+ après le Brexit ?

La Commission souhaite un Erasmus « 9 fois plus ambitieux ». Mais le Brexit pourrait entamer le budget du programme le plus populaire de l’Union.

Subscribe to our newsletters

Subscribe