La France fait l’impasse sur le climat dans les programmes scolaires

À la COP24, des étudiants lancent la grève du climat.

La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte dénonce la quasi absence du climat dans les futurs programmes scolaires français. Un sidérant choix politique et sociétal contraire à l’accord de Paris, explique notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Très peu présent à la COP 24, malgré les enjeux, le gouvernement tricolore est en passe de se déconnecter d’un autre sujet : l’éducation.

Le 14 décembre, lycéens suédois et polonais lançaient, depuis Katowice, un appel à la grève du climat. L’idée : que les ados du monde entier sèchent régulièrement leur bahut pour interpeller leur gouvernement et leur parlement, coupables de laxisme climatique.

Absence quasi totale

La semaine prochaine, le Conseil supérieur des programmes du ministère de l’Éducation nationale doit arrêter les futurs programmes du lycée. Programmes qui devraient être promulgués par le Journal officiel dans les premiers jours de l’année prochaine.

Surprise, comme le révèle un article de Médiapart : le changement climatique, ses causes et ses conséquences en sont quasiment totalement absents.

Quelques dizaines d’heures

Après avoir épluché les derniers projets des futurs programmes destinés aux élèves de collège et de lycée, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte s’est livrée à un savant calcul : l’évaluation de nombre d’heures de cours dédiés au réchauffement. «Sur 1 800 à 2 000 heures d’études, collégiens et lycéens suivront quelques dizaines d’heures, au plus, sur le climat», dénonce-t-elle.

Des cours qui souvent s’apparentent à ceux qu’a pu suivre l’auteur de ses lignes, il y a une quarantaine d’années. «Les derniers apports de la recherche ne seront absolument pas enseignés», s’emporte la coordinatrice du rapport spécial du GIEC sur les effets d’un réchauffement de 1,5°C.

La France veut défendre le rôle des femmes face au changement climatique

L’inclusion des femmes dans le débat climatique reste balbutiante. Les femmes impliquées dans les négociations climatiques côté français tentent d’alerter sur le sujet.

Double aberration

Ce biffage du plus grand phénomène auquel sont soumises nos sociétés des programmes français est une double aberration.

«Les jeunes adultes veulent être porteurs de solutions aux sources et aux conséquences des changements climatiques. Mais comment le faire, si l’on n’a pas un minimum de base scientifique», s’interroge la nouvelle membre du Haut conseil pour le climat.

Les intéressés s’en mêlent

Les principaux concernés sont du même avis. Dans une tribune à paraître, neuf associations d’élèves et d’étudiants – CliMates, le REFEDD, JAC (Jeunes Ambassadeur pour le Climat), Manifeste pour un Réveil Ecologique, Alliance pour une éducation citoyenne, makesense, NOISE Agroparistech, JADS (Jeunes Acteurs pour un Développement Soutenable, Émergence Icam – prennent parti.

Ils demandent «à ce que les mécanismes et les conséquences des changements climatiques, ainsi que les solutions possibles pour les atténuer ou s’y adapter, soient plus largement intégrés […] au sein du système éducatif français.»

Article 12

En vouant le réchauffement aux gémonies de l’éducation, le gouvernement d’Edouard Philippe foule aussi aux pieds l’article 12 de l’accord de Paris, lequel prévoit que les pays prennent des «mesures pour améliorer l’éducation, la formation […] compte tenu de l’importance que revêtent de telles mesures pour renforcer l’action engagée au titre du présent accord.» Drôle de choix politique et sociétal pour le pays-hôte de la COP 21.

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Les chances de limiter la hausse des températures à +1,5° sont de plus en plus minces : la trajectoire actuelle mène vers une planète réchauffée de 3,2° en 2100.

 

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