La France renforce la formation en alternance alors que l’UE annonce Erasmus pour les personnes en recherche d’emploi

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Un projet français visant à favoriser la mobilité des apprentis au sein de l’Union européenne pourrait servir de feuille de route à ALMA, le nouveau programme de l’UE destiné à aider les jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation.

Le lancement d’ALMA a été l’un des points forts du discours sur l’état de l’Union prononcé mercredi (15 septembre) par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

«  Nous devons encourager ceux qui tombent entre les mailles du filet. Ceux qui n’ont pas d’emploi. Ceux qui ne suivent ni enseignement ni formation  », a déclaré Mme von der Leyen aux eurodéputés lors de son discours annuel devant le Parlement européen, à Strasbourg.

Selon Mme von der Leyen, un programme européen visant à aider les jeunes à trouver un emploi de courte durée à l’étranger est indispensable «  car ils méritent, eux aussi, de vivre une expérience comme Erasmus. Pour acquérir des compétences, pour créer des liens et se forger leur propre identité européenne  ».

L’idée de dynamiser les expériences professionnelles à l’étranger n’est pas nouvelle. La déclaration 2020 des ministres européens en charge de l’enseignement et de la formation professionnels (EFP) à Osnabrück, en Allemagne, a fait de l’objectif de «  facilitation de la mobilité pour l’apprentissage et le travail en Europe  » l’un des principaux objectifs du bloc d’ici 2025.

La stratégie française visant à augmenter le nombre d’expériences professionnelles à l’étranger pour les jeunes en alternance en est un bon exemple.

Malgré la réforme de la formation professionnelle de 2018, organiser une expérience de courte durée à l’étranger pour les apprentis reste difficile, car les employeurs ne voient souvent pas l’intérêt de laisser leur main-d’œuvre passer du temps dans un autre pays.

Toutefois, la situation s’améliore. Avant que la pandémie ne ferme les frontières, 4 080 jeunes en apprentissage ont été envoyés à l’étranger en 2018-2019, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente, ce qui place la France en deuxième position, derrière l’Allemagne.

Parallèlement, le nombre d’étudiants se dirigeant vers des formations en alternance est également appelé à augmenter, car la stigmatisation sociale liée à ce type de formation professionnelle s’estompe peu à peu et les jeunes recherchent la sécurité de l’emploi.

Selon Aurélie Bost, coordinatrice de projets de mobilité pour la chambre des métiers de la région Nouvelle-Aquitaine, « la crise de la Covid a permis d’augmenter le nombre de postes en alternance grâce au soutien financier de l’État ».

L’alternance a été placé au centre du plan de relance français, France Relance, avec d’importantes incitations à l’embauche en contrat d’apprentissage et de professionnalisation.

Mais si les choses s’améliorent, certains préjugés sociétaux demeurent à l’encontre de la formation professionnelle, et de l’alternance comme une forme moindre d’éducation.

« Je pense que la réalité est qu’il est très difficile de changer le système éducatif en France, parce que nous, les enseignants, ne voulons pas changer le système », a déclaré M. Bost à EURACTIV, soulignant que si les enseignants donnent des informations sur la possibilité d’aller à l’université, ils omettent souvent la possibilité de suivre une formation professionnelle.

L’inclusion d’une part d’études à l’étranger dans la formation peut être un moyen d’améliorer le statut de la formation professionnelle.

Selon Laure Coudret-Laut, directrice de l’agence française Erasmus+, la mobilité est « un moyen important d’accroître le prestige de la formation par apprentissage. »

En plus de cela, voyager dans un autre pays peut être porteur d’immenses bénéfices pour les apprentis eux-mêmes, dont beaucoup sont issus de milieux défavorisés et n’ont jamais été à l’étranger.

« Les jeunes qui sont allés en apprentissage ne l’ont pas toujours vraiment choisi, on les a orientés vers la voie professionnelle parce qu’ils n’entraient pas dans l’enseignement général. C’est pourquoi certains d’entre eux manquent vraiment de confiance en eux et en leurs capacités » explique Coudret-Laut.

« Vous savez, quand vous arrivez dans un autre pays, et que vous ne parlez pas la langue, si vous êtes un peu timide, ou si vous n’avez pas assez confiance en vous, vous ne parlez pas aux gens. Vous n’avez pas envie d’aller de l’avant et d’apprendre », a déclaré Rémi, un apprenti en boulanger-pâtissier de 28 ans dont les expériences à l’étranger lui ont permis de gagner en confiance.

Au niveau européen, davantage de fonds sont désormais disponibles pour aider les étudiants comme Rémi à gagner en autonomie, en compétences linguistiques et en confiance en soi.

Sur les 20,4 milliards d’euros prévus pour les expériences d’études à l’étranger, au moins 4,39 milliards d’euros, soit 21,5 %, sont budgétisés pour les étudiants de l’EFP, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 17 % qui y étaient consacrés au cours du dernier exercice financier. Cela pourrait être bien nécessaire pour relancer l’emploi après la pandémie.

« Des apprentissages de qualité peuvent faire une réelle différence pour aider les gens à entrer sur le marché du travail », a déclaré mardi 14 septembre le commissaire à l’emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit.

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