Les petits Européens ne retournent pas tous à l’école

Des élèves espagnols suivent leurs cours en ligne. [EPA-EFE/Xoan Rey]

Plusieurs pays ont déjà décidé que les cours ne reprendraient pas avant l’été. Ailleurs, la reprise s’organise en ordre dispersé. Idem pour les examens, parfois annulés, souvent maintenus, mais avec des épreuves aménagées. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Rendez-vous… à la rentrée ?

Les cartables ne ressortiront pas avant l’été pour la majorité des élèves en Italie, Espagne, dans les Balkans (sauf en Croatie), en Ukraine, Lettonie et Lituanie, où les vacances sont avancées d’un mois, au 1er juin. Idem en Irlande, où les écoles et universités resteront portes closes jusqu’à la rentrée. Ou encore à Tallinn, la capitale de l’Estonie, alors que les autres écoles du pays sont libres de rouvrir dès le 15 mai. Partout, toutefois, des accueils exceptionnels seront prévus : comme en Espagne, pour les élèves en difficulté et les moins de six ans dont les deux parents ne peuvent pas télétravailler.

Rentrée à la carte ailleurs ?

Après avoir fermé en ordre dispersé, les écoles européennes ont rouvert, ou vont rouvrir, dans la même cacophonie : très progressivement selon les niveaux et avec des classes en effectifs réduits entre 10 et 15 élèves par classe, selon les pays. Les petits Danois ont remis les pieds dans leurs établissements mi-avril ; mais les collégiens et lycéens ne se rentreront que la semaine prochaine… Les Autrichiens et certains Allemands ont aussi repris le chemin des classes dès le 4 mai. Les Tchèques (terminales seulement), Suisses, Néerlandais et Croates le feront ce lundi 11. Les Belges en année « diplômante » (l’équivalent de nos CP, 6e et terminales) attendront le 18 mai ; les autres poursuivront les cours à distance. Les Polonais pourraient reprendre le 25 mai et les Roumains la semaine suivante. Les Britanniques en sauront plus dimanche, mais il se murmure déjà que les 10-11 ans devraient être les premiers à reprendre, début juin.

Un patchwork européen qui doit laisser perplexes les petits Suédois. Leur pays n’étant pas confiné, eux n’ont jamais vraiment déserté les classes, sauf lors d’apparition de cas de Covid-19 dans leurs rangs… Idem pour les Hongrois, dont les écoles n’ont pas fermé, officiellement, bien que les classes aient été largement désertées, ces dernières semaines.

La Commission veut limiter la casse pour la saison estivale

Y aura-t-il des vacances cet été ? La Commission devrait adopter une série de mesures sur le tourisme, les transports et les frontières pour sauver l’été du secteur, le 13 mai prochain.

Qu’en disent les parents ?

Mêmes réticences qu’en France. Si les autorités exigent, partout, le respect des gestes barrières et le port de masques, au moins dans la cour, cela ne suffit pas toujours à rassurer les familles. En Suisse, où les crèches ont déjà rouvert, la reprise des cours, à partir du 11 mai, est désapprouvée par 58 % des parents, selon un sondage réalisé par le site 24heures.ch. La moitié d’entre eux (52 %) pointent la difficulté à respecter les règles d’hygiène dans les établissements et un quart (23 %) redoutent le risque de contamination durant les trajets.

Des mouvements de parents ont aussi émergé en Tchéquie (où la décision de remettre son enfant à l’école est laissée libre aux parents), au Danemark… En Norvège, beaucoup d’enfants n’ont toujours pas remis les pieds dans les écoles, rouvertes dès le 27 avril. La désertion est particulièrement forte (plus de 60 %) dans les quartiers défavorisés.

Et les enseignants ?

Partout, des syndicats enseignants s’insurgent aussi contre une reprise prématurée. Au Royaume-Uni, l’Association of school and college leaders (chefs d’établissements) n’a pas attendu la décision de Londres pour mettre son veto à une reprise avant début juin. En Italie, les autorités ne cessent de marteler que la décision « difficile » d’interrompre les cours pendant cinq mois vise avant tout à protéger « la santé des enfants », mais aussi celle des enseignants, parmi les plus âgés d’Europe : 60 % d’entre eux ont plus de 50 ans, selon l’OCDE.

Pas sûr non plus que les enseignants polonais apprécient : leur gouvernement n’exclut pas de supprimer leurs vacances d’été, pour mieux préparer la rentrée.

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