L’élargissement et l’euro [FR]

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Selon les dispositions du traité de Maastricht, tous les nouveaux Etats membres de l’Union européenne sont éligibles à la monnaie unique européenne, l’euro. Les dix pays ayant adhéré à l’UE le 1er mai 2004 ont tous exprimé leur volonté de faire partie de la zone euro le plus tôt possible. Cependant, l’intégration monétaire pourrait être plus longue pour certains nouveaux Etats membres, notamment la Pologne et la Hongrie, dont les déficits budgétaires s’aggravent tandis que leur taux de chômage augmente. D’autres tels que Chypre, Malte, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Slovaquie ont déjà franchi une première étape en faisant leur entrée dans le « Mécanisme de taux de change II » (MTC II).

Vous pouvez également consulter l’article suivant : Les nouveaux Etats membres sur la voie de l’euro.

Contexte

Le 1er janvier 1999, onze pays européens ont rejoint la zone euro. Ce jour-là, les taux de change de toutes les monnaies de l'UEM ont été fixées de manière irrévocable et l'euro est devenue la monnaie officielle. 

Les pièces et les billets en euros ont été par la suite introduits en janvier 2005 et les monnaies nationales ont disparu six mois plus tard.

Le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark ont décidé jusqu'à présent de rester en-dehors de la zone euro, tandis que la Grèce n'a pu dans un premier temps adhérer à la monnaie unique car elle ne respectait pas les critères de Maastricht. Le 1er janvier 2001, la Grèce est devenue le 12ème pays à adopter la monnaie unique après avoir rempli toutes les conditions nécessaires.

Problèmes

Avant de pouvoir adhérer à l'euro, tous les pays candidats doivent remplir les conditions suivantes:

  • les critères de convergence de Maastricht en terme de stabilité fiscale;
  • l'indépendance de leur banque centrale;
  • un taux d'inflation et des taux d'intérêt bas;
  • la stabilité monétaire de leur monnaie en participant au Mécanisme de taux de change II (MTC II) pour une période minimale de deux ans. 

Les politiques de taux de change des pays candidats ne sont soumises à aucune restriction particulière avant l'adhésion à l'UE. Une fois l'adhésion accomplie, les pays membres doivent considérer leurs taux de change comme un sujet d'intérêt commun. Certains dans l'UE ont prévenu que des efforts prématurés pour entrer dans le MTC II ou dans la zone euro peuvent cependant nuire à la fois aux nouveaux Etats membres et à la zone euro elle-même.

Les candidats à la zone euro peuvent déjà effectuer leur commerce extérieur dans la monnaie unique. Ils profitent également des nouvelles sources de financement des marchés financiers récemment intégrés dans la zone euro, sur lesquels une grande part des obligations internationales ont été libéllées en euro depuis son lancement en janvier 1999.

Les nouveaux pays membres se préparant à entrer dans l'Union économique et monétaire (UEM) n'ont pas à suivre de stratégie particulière concernant les taux de change de la zone euro. Le Conseil européen de Nice (décembre 2000) a recommandé aux pays candidats d'adopter des politiques monétaires qui correspondent le mieux à leur propre situation économique et qui soient cohérentes par rapport à leurs autres politiques. 

Après leur adhésion, les nouveaux membres obtiennent le statut d'Etat membre de l'UEM et bénéficient d'une dérogation pour l'adoption de l'euro. Ce statut est accordé dans le cadre des traités d'adhésion. Au cours de cette phase, les nouveaux Etats membres doivent considérer leur politique en matière de taux de change comme un sujet d'intérêt commun et sont censés adhérer au mécanisme de taux de change connu sous l'acronyme MTC II.

Lorsque les nouveaux Etats membres ont atteint un degré élevé de convergence nominale durable, ce qui signifie qu'ils respectent tous les critères de convergence du traité de Maastricht, y compris une participation d'au moins deux ans au MTC II, ils peuvent adopter l'euro.

L'enthousiasme soulevé par la précoce adoption de l'euro est quelque peu retombé. Alors que la Slovénie a rejoint la zone euro le 1er janvier 2007, la plupart des nouveaux Etats membres luttent encore pour se mettre en conformité avec les conditions d'entrée relatives à l'inflation, au déficit budgétaire, à la stabilité du taux de change et à la compatibilité légale (parmi les 11 candidats, 8 Etats membres ne répondent pas encore aux exigences liées à l'inflation, et un déficit budgétaire trop élevé pose encore problème à 5 d'entre eux). Ces pays ont pour la plupart remis à plus tard leur d'entrée dans la zone euro.

La Slovaquie conserve toujours 2009 comme date butoir d'entrée dans la zone euro. La demande de la Lituanie a été rejetée, son taux d'inflation étant trop préoccupant; l'Estonie et la Lettonie ont également retardé leur plan d'adoption de l'euro pour les mêmes raisons. Les Etats baltes ont reconnu la faible probabilité qu'ils adoptent la monnaie unique avant 2010. Les autres pays n'envisagent pas d'adopter l'euro avant 2010-2012.

Réactions

En novembre 2004, le premier rapport de la Commission sur l'état de préparation pratique à l'euro dans les nouveaux Etats membres a établi que l'introduction de la monnaie unique devrait avoir lieu "plus rapidement et soulever encore moins de difficultés" que dans ceux de la zone euro actuelle. La Commission a également prévu que plusieurs nouveaux Etats membres introduisent l'euro selon un scénario dit de "big bang" (c'est-à-dire d'introduire les pièces et billets en euros le jour même de l'adoption de la monnaie unique).

Dans un rapport publié en août 2004, le Fonds monétaire international a indiqué que la croissance réelle du PIB a augmenté dans les pays de la zone euro mais que la demande intérieure a stagné, notamment en Allemagne. Les experts du FMI se sont accordés sur le fait que consolider la demande intérieure finale permettrait de soutenir la relance de l'économie, mais que l'écart de production ne se réduira que lentement. Selon le FMI, la pression de l'inflation doit diminuer d'ici 2005. Le principal problème de la zone euro, selon lui, est son potentiel de croissance peu brillant, qui a menacé la viabilité financière des systèmes de protection sociale étant donnée la perspective du vieillissement rapide de la population. 

Selon un rapport de juin 2004 publié par PriceWaterhouseCoopers, les résultats de la zone euro restent fragiles, reflétant la demande intérieure généralement faible, les effets des dernières baisses du dollar par rapport à l'euro et les tensions géopolitiques accrues. Pour la zone euro dans son ensemble, PriceWaterhouseCoopers prévoit une croissance du PIB d'environ 2,25 pourcents en 2005, l'Espagne étant l'économie la plus flottante. Selon eux, les taux de croissance de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque devraient rester très inférieurs à la moyenne européenne. 

Dans sa présentation, le directeur exécutif adjoint du Fond monétaire international, Hari Vittas, a déconseillé aux nouveaux Etats membres d'adhérer trop vite au MTC et leur a recommandé d'éviter (si possible) d'y rester trop longtemps. Selon lui, il est utile d'établir clairement une date d'adoption de l'euro pour les pays touchés.

Prochaines étapes

  • Les dix nouveaux Etats membres peuvent adhérer à l'Union économique et monétaire après une participation de deux ans au MTC II. Chypre, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Slovaquie sont déjà entrés dans la 'salle d'attente' pour la monnaie unique.
  • La Bulgarie et la Roumanie, qui ont adhéré à l'UE le 1er janvier 2007, devraient aussi rejoindre la zone euro dès que possible.
  • Les trois plus grands des nouveaux Etats membres (la République tchèque, la Hongrie et la Pologne) restent en-dehors du MTC II.
  • 1er janvier 2007 : La Slovénie a adopté l'euro, devançant ainsi les autres nouveaux Etats membres issus de l'élargissement de 2004.

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