Barroso insiste sur les réformes en Turquie [FR]

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Lors de sa première visite en Turquie en tant que président de la Commission, José Manuel Barroso a déclaré qu’il pensait sincèrement que deux nouveaux chapitres pourraient être ouverts dans les négociations d’adhésion avec le pays d’ici le mois de juillet. Il a également insisté sur le fait que la Turquie avait encore un long chemin à parcourir avant de remplir les conditions de la candidature à l’UE.

Après sa réunion avec le Premier ministre turc Tayyip Erdogan hier 10 avril, M. Barroso a déclaré que la Turquie avait fait des progrès considérables concernant les normes européennes. Il a néanmoins souligné que le pays doit faire davantage de réformes et plus rapidement.

Jeudi, à la veille de son départ pour Ankara, le président de la Commission a déclaré que la Turquie devrait démontrer à l’Europe son intérêt pour la candidature à l’UE et montrer à l’Europe ce qu’elle a à gagner avec l’adhésion du pays.

En s’adressant au Parlement turc, M. Barroso a déclaré que la réforme sera le meilleur moyen de garantir la progression des négociations. Il a également ajouté que le plus important, selon lui, est que ces réformes sont toutes dans l’intérêt des citoyens.

Il a salué la récente initiative du gouvernement consistant à envoyer un projet de loi au Parlement exigeant d’amender l’article 301 controversé du code pénal – l’article interdit tout critique à l’identité turque (EURACTIV 08/04/08) – estimant qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction. La réforme de l’article 301 est une demande clé de l’UE dans les négociations de pré-adhésion avec la Turquie. 

Le président de la Commission a déclaré que la loi était incompatible avec les valeurs de liberté d’expression qui existent en Europe, suggérant qu’une modification de la loi aurait un impact considérable dans la façon dont la Turquie est perçue par l’Europe. Le Parlement turc devrait approuver le texte la semaine prochaine.

M. Barroso a également répété les préoccupations de l’UE concernant la récente décision de la plus haute Cour turque d’examiner une affaire sur l’interdiction du parti AKP au pouvoir et de ses principaux responsables, notamment M. Erdogan et le président Abdullah Gül (EURACTIV 01/04/08). Il a affirmé que le fait qu’un parti choisi par la majorité de la population turque fasse maintenant l’objet de ce type d’enquête n’est pas normal dans une démocratie stable.

Nous cherchons une Turquie laïque et démocratique, a-t-il ajouté, on ne peut imposer ni la religion, ni la laïcité par la force. Selon lui, dans la mesure où la Turquie est un pays candidat à l’UE, l’Union ne peut pas être indifférente à ce type de développement.

Il a annoncé qu’il espérait sincèrement que la décision de la Cour constitutionnelle sera compatible avec la règle de droit, les normes européenne et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Durant sa visite de deux jours, considéré comme une visite d’inspection visant à évaluer les relations entre l’UE et la Turquie, M. Barroso rencontrera également les leaders de l’opposition, les représentants d’entreprises et les organisations de la société civile ainsi que des fonctionnaires du gouvernement.

Dans une conférence de presse commune, MM. Barroso et Erdogan ont rappelé que la Turquie n’accepterait que la candidature à l’UE à part entière et aucune autre alternative.

D’après M. Erdogan, la Turquie estime que la Commission européenne continuera de soutenir l’offre de candidature du pays, comme elle l’a fait jusqu’à présent. Il a également souligné que les Turcs sont largement en faveur de ce « projet stratégique ».

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