Bruxelles veut ouvrir les négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du nord

Federica Mogherini [Europe by Satellite]

La Commission européenne préconise l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du nord, qui ont « ont saisi l’occasion et ont réalisé des réformes ». Les États membres doivent cependant donner leur feu vert.

« Des progrès considérables ayant été accomplis et le respect des conditions requises étant bien avancé », la Commission a recommandé au Conseil l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du nord lors de son évaluation annuelle des pays candidats à l’adhésion.

L’analyse poste sur six pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du nord, Monténégro et Serbie) et la Turquie. Cette dernière a enclenché la procédure en 2005, mais elle est gelée depuis plusieurs années, à cause des reculs démocratiques enregistrés sous le président Recep Tayyip Erdoğan.

La Turquie «  continue de s’éloigner toujours plus de l’Union européenne, avec un sérieux recul dans les domaines de l’état de droit et des droits fondamentaux […] En juin 2018, le Conseil a constaté à l’unanimité que les négociations d’adhésion avec la Turquie étaient par conséquent au point mort et que ni l’ouverture ni la clôture d’aucun autre chapitre n’étaient envisageables », rappelle la Commission, qui juge que rien n’a changé depuis.

De leur côté, les pays des Balkans occidentaux ont « fait des progrès concrets et montré leur attachement à la perspective européenne, même si l’acceptation globale des réformes varie ».

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Message aux États membres

Lors d’une conférence de presse, la Haute-représentante pour l’UE, Federica Mogherini, a particulièrement félicité la Macédoine du nord, qui a trouvé une solution à son conflit avec la Grèce sur son nom et à tous ses problèmes avec ses voisins, ainsi que l’Albanie, qui a mis en place un système sérieux de validation des candidats juges.

Dans un message voilé aux États membres, elle a souligné que l’UE devait respecter ses engagements. « Quand il y a du mérite, il faut le reconnaitre. J’estime et nous estimons que ne pas reconnaitre et répondre aux progrès objectifs nuira à la crédibilité de l’Europe dans la région et au-delà. Ne pas récompenser des avancées historiques et des réformes substantielles affaibli la stabilité et décourage da poursuite des réformes. »

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Malgré le changement de nom du pays et la fin du veto grec à l’adhésion du pays balkanique à l’UE, les négociations officielles n’ont toujours pas débuté.

La Commission défend une politique d’élargissement crédible, qui serait « un investissement géostratégique dans la paix, la stabilité, la sécurité et la croissance économique dans toute l’Europe ».

Ce message sera-t-il compris par les capitales ? De l’expérience de Federica Mogherini, les meilleurs alliés des pays candidats sont en général leurs plus proches voisins. « Les pays des Balkans, qu’ils soient déjà membres de l’UE ou non, sont ceux qui soutiennent le plus le processus, conseillent et encouragent, créent un environnement de soutien mutuel. »

Selon elle, au cours des cinq dernières années, les Balkans sont passés d’une logique de concurrence et de confrontation à une logique de soutien mutuel, étant donné que mieux l’un d’eux se porte, mieux les autres se porteront. C’est là, a-t-elle ajouté, le secret du succès de l’UE au fil des décennies.

Autre élément important selon elle : le grand soutien populaire en faveur de l’UE et de l’adhésion, même pour remplir les conditions d’adhésion difficiles. Ce soutien monte jusqu’à 70, 80 voir 90 % dans certains pays. L’UE a autant besoin de cette énergie, de cette détermination et de cette volonté de se rassembler au sein d’une communauté que les Balkans, conclut la représentante.

Malheureusement, depuis l’adhésion de la Croatie, en 2013, il y a en effet peu d’appétit pour un nouvel élargissement au sein même de l’union.

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