Des représentants de la Commission européenne doivent visiter Sofia et Bucarest cette semaine afin d’évaluer les réformes du système judiciaire, comme le rapporte EURACTIV Roumanie. Mais parallèlement, Bruxelles est le théâtre de pressions grandissantes : certains souhaitent invoquer des « clauses de sauvegarde » contre les deux pays, ce qui pourrait entraîner la suppression des fonds européens.
Les deux nouveaux venus de l’UE se démènent farouchement pour éviter un « scénario catastrophe » après un rapport de surveillance de la Commission prévu en juillet, comme le rapportent EURACTIV Bulgarie et EURACTIV Roumanie.
Des experts de la Commission européenne se rendront à Sofia et à Bucarest dans la semaine du 19 au 23 mai pour évaluer les réformes judiciaires, d’après EURACTIV Roumanie. Selon la couverture parue dans la presse roumaine, la mission est organisée au moment où certains responsables à Bruxelles se demandent si l’intégration des deux pays à l’UE dès janvier 2007 était une erreur et exercent une pression afin d’appliquer la clause de sauvegarde en matière de justice.
Les deux pays pourraient perdre des fonds européens ou voir leurs décisions juridiques annulées si une clause de sauvegarde leur est appliquée.
La corruption reste répandue en Roumanie, malgré l’adhésion à l’UE
Les procureurs ont réuni des preuves substantielles d’affaires de corruption contre le Premier ministre Adrian Nastase, l’ancien ministre des Transports Miron Mitrea, l’actuel ministre du Travail Paul Pacuraru et cinq autres hauts responsables, selon les médias.
Même si cela pourrait être un test important pour le pays, la Cour constitutionnelle roumaine a décidé que le Parlement devait donner son approbation pour enquêter sur les responsables politiques de haut rang. Cette décision a incité le président roumain Traian Basescu à taxer la Cour de bouclier en faveur de la corruption.
Comme parfait exemple de ce que la corruption peut représenter en Roumanie, un montant de 1,7 million d’euros en liquide a été découvert dans le coffre d’une voiture appartenant à un propriétaire d’un club de football et homme politique populiste, Gigi Becali. Il a déclaré que l’argent était destiné à acheter du chocolat et des confiseries. Aussi étrange que cela puisse paraître, les tribunaux considèrent souvent de telles explications comme étant valables.
Les cas retentissants peuvent rester tabous, mais les statistiques du bureau des procureurs chargés de la lutte anticorruption (DNA) montrent au moins que ces derniers mois, des centaines de personnes ont été inculpées et des douzaines condamnées. Reste à savoir si la Commission trouvera ces développements satisfaisants.
La justice n’est pas le seul domaine problématique. Selon la presse roumaine, le pays pourrait perdre une grande partie des fonds européens agricoles étant donné la mauvaise gestion des programmes.
La Bulgarie est également sous surveillance de l’UE
Mais la Roumanie n’est pas le seul pays à attirer l’attention de la Commission. La Bulgarie pourrait également perdre la majeure partie de son financement européen à cause de défaillances dans la gestion des programmes et un sentiment de haut degré de corruption, selon les sources citées par EURACTIV Bulgarie dans un article paru la semaine dernière.
Au début du mois, un ancien responsable de l’office des routes a fait l’objet de poursuites. Il est en effet accusé d’avoir détourné plus de 50 millions d’euros du financement européen. Cet argent public avait été alloué à une entreprise appartenant à son frère.
Afin de gérer la crise, plus tôt ce mois ci, Sofia a nommé un nouveau Premier ministre adjoint spécifiquement responsable de la gestion des fonds de l’UE (EURACTIV 13/05/08).
De même, le 13 mai, le Premier ministre Sergei Stanishev a donné le feu vert à sa nouvelle adjointe, Meglena Plugchieva, pour renvoyer tout fonctionnaire qu’elle considèrerait incompétent. M. Stanishev a également déclaré que l’administration et le gouvernement travailleraient jours et nuits, même les weekends, pour répondre aux exigences de Bruxelles.
Le quotidien bulgare Dnevnik a publié un entretien avec Danuta Huebner, la commissaire européenne en charge de la Politique régionale, qui a déclaré le jeudi 15 mai que s’attaquer aux problèmes liés aux fonds réservés aux routes sera un test pour que la Bulgarie prouve qu’elle peut se conformer aux règles dans la gestion de l’argent versé par l’UE.

