Corruption : un ministre roumain mis à la porte [FR]

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Lundi 22 septembre, le ministre du Travail Paul Pacuraru a été renvoyé par un décret signé par le président Traian Basescu. Il s’agit du premier licenciement d’un ministre roumain pour des accusations de corruption. 

Une procédure lourde protège les hauts fonctionnaires roumains d’éventuelles poursuites judiciaires. Mais dans le cas présent, la chambre haute du Parlement a donné son aval à l’ouverture d’une enquête et le président a signé par la suite un décret suspendant le ministre de ses fonctions. 

Cette décision intervient presque exactement un an après que le procureur général de la direction nationale anti-corruption (DNA) a demandé au chef d’Etat l’autorisation d’enquêter sur M. Pacuraru, alors ministre de la Famille et de l’égalité, sur des accusations de corruption. 

Selon un enregistrement, M. Pacuraru aurait en effet demandé à un dirigeant politique local du parti au pouvoir – le Parti libéral national (PNL) – de faciliter un arrangement avec des entreprises en vue d’octroyer des contrats à la firme de son fils. Le leader du PNL est le Premier ministre roumain Calin Popescu Tariceanu. 

Entre-temps, la cour constitutionnelle roumaine a rendu encore plus compliquées les poursuites judiciaires contres les ministres en fonction ou à la retraite. Désormais, le Parlement doit se prononcer sur chaque demande individuelle visant à lever l’immunité judiciaire d’un accusé. Dans le cadre d’une affaire qui avait fait grand bruit, le Parlement roumain avait rejeté une demande d’enquête à propos de l’ancien Premier ministre roumain et d’un ex-ministre des Transports. Cette décision avait suscité des critiques de la part de Bruxelles (EURACTIV 19/08/08). 

Mais l’affaire Pacuraru est différente. Le 26 août, son immunité avait été levée par le Sénat, qui l’avait amené à comparaître devant la DNA afin d’être informé des charges à son encontre. Dès qu’une enquête commence, la Constitution donne au président le droit de suspendre le ministre en question.

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